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EXPO ROGER TALLON @ GALERIE JOUSSE ENTREPRISE

Designer, projeteur, chercheur, dessinateur d’objets, tels sont quelques mots que Roger Tallon utilisait pour se présenter. Il ne faut pas y voir une hésitation ou de la présomption, mais le mouvement d’un esprit tout entier tendu vers la découverte des formes justes déduites de l’analyse des fonctions propres aux projets sur lesquels Tallon a été amené à travailler. On peut en citer quelques-uns parmi les plus connus : le Corail, le TGV, le Météor ou le funiculaire de Montmartre. Dans toutes ces réalisations, il a su développer son concept de « design total », dans une lutte permanente contre la «designo-déficience» de l’industrie et de la société contemporaines.
Dès les années 1950, Roger Tallon a côtoyé l’avant-garde artistique. Il a collaboré par exemple avec Yves Klein, notamment pour ses projets d’architecture de l’air. De telles amitiés et collaborations ont pu donner à Tallon le goût de l’utopie, du défi et cette volonté de penser entièrement un environnement. Prendre le TGV, ce n’est pas seulement se déplacer de Paris à Lyon. C’est surtout expérimenter, deux heures durant, la dynamique qui va de la conception à la forme, en s’appropriant une structure ouverte qui permet à chacun de devenir lui aussi designer.
Le dynamisme est ainsi la caractéristique dominante du design tel que le concevait Roger Tallon. Il s’agit d’abord de donner un sens aux déplacements (ses grands projets ont été des véhicules, ou le design comme vecteur), mais surtout de bouger les frontières, de ne pas assigner de délimitation aux objets et de les envisager sous tous leurs aspects pour dépasser l’apparences des contradictions. Dans cette recherche du diffus, Tallon en est venu à dissoudre l’objet et ses fonctions en créant, par exemple, le concept de « module ». C’est une révolution qui, à l’idée masculine et brutale de fini, substitue les valeurs de la féminité, du puzzle et du collectif. Les éléments se combinent en ensembles toujours susceptibles de transformations, pour un design à vivre.

Les pièces que présente l’exposition portent la triple marque du « système Tallon » : esprit d’invention et de liberté ; inachèvement définitif ; logique des flux.L’escalier hélicoïdal (1964), avec ses marches de pétales, restitue comme aucun autre la décomposition du mouvement tournant de l’hélice. Ses qualités aéronautiques renvoient ainsi à Marrey ou Muybridge avec une économie visuelle elliptique qui n’exclut pas la variété. Son élégante dialectique vide/plein est proche de certaines installations de Buren, par exemple. Le « Module 400 » (1965) fut conçu pour l’aménagement d’une boîte de nuit. Occupant un ancien garage, le lieu devait évoquer un tronçon d’autoroute. Tallon en quadrilla le sol de dalles métalliques de 400 x 400 mm de côté. Le propos et la forme rappellent les sculptures de Carl Andre à la même époque. Selon l’affluence, certaines de ces dalles pouvaient se remplacer par des tables ou des chaises d’un piètement de même métal et de mêmes dimensions. Jacques Lacloche s’intéresse au projet et édite les Module 400 pour des équipements collectifs. Les espaces d’accueil du siège Publicis en sont également équipés pendant des années. Les modules 400 ont figuré dans plusieurs films de l’époque dont “La piscine” de Jacques Deray. Au début des années 70, des tables hautes, des lampes “Soleil” ou encore des porte-manteaux viennent enrichir la collection.

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Texte via Jousse Entreprise

LA BIENNALE DES ANTIQUAIRES 2016 @ LE GRAND PALAIS

« Pour les amateurs d’art du monde entier, la Biennale des Antiquaires est un rendez-vous incontournable depuis plus d’un demi-siècle et la quintessence de l’art de vivre à la française « .  A cette occasion, 125 exposants venant de 14 pays se sont donnés rendez-vous pour nous proposer leur pièces les plus rares. Parmi mes coups de coeur, la sélection exceptionnelle de miroirs de Line Vautrin sur le stand de la Galerie Chastel Maréchal, une bibliothèque des années 30 de Jean Prouvé et un salon ours polaire de Jean Royère proposés par la Galerie Downtown François Laffanour, les tapisseries de Jean Dewasne exposées par le Mobilier National, des toiles ainsi qu’une magnifique tapisserie signées Le Corbusier chez la Galerie Zlotowski, du mobilier dessiné par le danois Poul Kjaerholm sur le stand de Dansk MobelKunst, et, pour finir, une très belle sélection de montres chez The Beautiful Watch.

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BRUSSELS DESIGN MARKET – 10/11 SEPT. 2016

Petit aperçu de ce que vous pouviez trouver il y a 10 jours lors de la 22ème édition du Brussels Design Market. Une sélection de marchands venus de toute l’Europe ont investi les salles d’exposition 3 et 4 de l’ancien site industriel « Tour & Taxi ». L’occasion de venir chiner à prix intéressant des pièces iconiques d’Arne Jacobsen, Florence Knoll, George Nelson ou encore Pierre Guariche. Rendez-vous le 18 Mars 2017 pour la prochaine cession.

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EXPO RENE-JEAN CAILLETTE – 09/09 au 22/10 @ GALERIE PASCAL CUISINIER

Designer, architecte d’intérieur, graveur ou encore peintre, René-Jean Caillette, homme aux multi-facettes, est mis à l’honneur par l’exposition rétrospective organisée par la galerie Pascal Cuisinier du 09 septembre au 22 octobre 2016. L’occasion pour le public de découvrir ou redécouvrir l’œuvre d’un des designers les plus inventifs et brillants des Trente Glorieuses.

René-Jean Caillette est le plus âgé des « premiers designers » français mais certainement un des plus talentueux. Elève brillant, en 1937, le jeune homme sort major de sa promotion de l’Ecole nationale supérieure des arts appliqués (Duperré). Tout juste diplômé, il fait ses débuts dans le Faubourg St-Antoine puis se lance dans la création de modèles de série faisant de lui un des précurseurs du design français. Polyvalent, il continue de développer son talent de graveur. Cette activité parallèle perdure jusqu’à la fin de sa carrière, puisque en 1990 il reprend son travail sur l’eau forte, et plusieurs expositions personnelles lui sont consacrées. René-Jean Caillette est un membre actif et dynamique du groupe Saint-Honoré1 dont il est l’initiateur en 1949; de l’Association des Créateurs de Mobilier en Série (A.C.M.S.) en 1953 qui défend les droits d’une profession naissante, ainsi que membre fondateur du Groupe 42 dont Charron est l’initiateur en 1954. La présence de René-Jean Caillette lors des grandes manifestations nationales – salon de la Société des artistes décorateurs, Salon des Arts Ménagers – ou internationales – Triennales de Milan, Expositions Universelles – lui fait acquérir la reconnaissance à la fois de ses pairs et du public. Investi dans la promotion du design d’après-guerre, il s’associe avec les meilleurs éditeurs de l’époque : Airborne, Steiner (sièges), Disderot (luminaire), Charron (mobilier) et s’essaie dans l’emploi de nouveaux matériaux mis sur le marché : contreplaqué, inox, rotin, plastique. Soucieux de transmettre son savoir et partager son expérience, il se consacre à l’enseignement au sein de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) de 1954 à 1972, et à l’Ecole supérieure des arts graphiques (ESAG Penninghen) de 1969 à 1981 où il y retrouve tous ses confrères. Suite à la disparition de René-Jean Caillette en 2004, l’ensemble de ses créations est légué à l’association des Petits Frères des Pauvres qui les disperse en 2006 chez Tajan dans une vente hommage. L’exposition dédiée à René-Jean Caillette organisée, dix ans après, par la galerie Pascal Cuisinier redécouvre son travail; et lui rend ce qu’il mérite : une place de premier plan dans le paysage du design historique français. La galerie Pascal Cuisinier présentera à l’occasion de cette exposition exceptionnelle une sélection de pièces rares et parmi les plus illustres telles que l’iconique chaise Diamant, la table basse GC56 à l’épaisse dalle de verre de Saint-Gobain, mises en scène au milieu d’un ensemble de documents d’époque prêtés par les musées français et par la famille.
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Texte : Galerie Pascal Cuisinier

EXPO PIERRE PAULIN @ CENTRE POMPIDOU

Designer, architecte d’intérieur, créateur, Pierre Paulin sculpte l’espace, l’aménage, le « paysage ». Ses environnements, ses meubles, ses objets industriels, se mettent au service du corps. Avec plus de soixante-dix pièces de mobilier et une cinquantaine de dessins inédits, l’exposition consacrée par le Centre Pompidou à Pierre Paulin propose une traversée de tout l’oeuvre du designer et de quarante années de création. Elle présente des pièces phares devenues des « icônes » de l’histoire du design – Anneau, Mushroom, Ribbon Chair, Butterfly, Tulip… – et fait la part belle à des projets inédits, auto-édités, comme le Tapis-siège, la déclive, la tente, etc. Des pièces rares des années 1950 et des prototypes sont également dévoilés dans l’exposition.

En 1971, Pierre Paulin est choisi par Claude et Georges Pompidou pour revisiter l’aménagement des appartements privés du Palais de l’Elysée. En 1984, c’est au même designer que fait également appel François Mitterrand pour concevoir l’architecture intérieure et le design de son bureau présidentiel.

L’exposition invite le visiteur à établir un dialogue entre corps et confort. Parce que les recherches de Pierre Paulin ont été sans cesse motivées par les thèmes du confort et d’un nouvel art de vivre -au ras du sol par exemple, le parcours propose au public de s’asseoir dans les sièges les plus emblématiques du créateur, des rééditions mises à la disposition des visiteurs.

L’exposition présente, enfin, une reconstitution inédite du living room de la Calmette, la villa dessinée dans les Cévennes par le designer dans les années 1990 : le public y expérimente un épais diwan (tapis) glissant le long d’un mur, se retournant sur le sol et accueillant quatre fauteuils Tongue.

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GALERIE BOUVIER LE NY @ PARIS

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La galerie Bouvier – Le Ny, située 3 rue de Tournon dans le 6ème arrondissement de Paris, est le fruit de la rencontre entre deux passionnés du design français du XXème siècle.

Jean-Baptiste Bouvier, antiquaire et spécialiste du mobilier de la Reconstruction installé depuis plusieurs années au marché Paul Bert, et Pierre Le Ny, Directeur Artistique et manager d’Artistes (Woodkid, The Shoes).

La galerie présente principalement les réalisations de membres de l’ U.A.M (Union des Artistes Modernes) tels que Le Corbusier, Jean Prouvé, Marcel Gascoin, Robert Mallet-Stevens, Charlotte Perriand, pour ne citer qu’eux.

Ici une rare et élégante table de Jean Prouvé qui équipait le réfectoire de la centrale électrique de Marcoule, là un meuble de salon dessiné sur mesure par Gustave Gautier pour la Villa de la Californie, ailleurs encore un meuble de rangement de Marcel Gascoin provenant d’un appartement du Havre reconstruit par Auguste Perret.

Fonctionnalisme et sobriété des formes, rationalisation de la production et de la distribution, résument parfaitement l’esprit de ce mouvement moderne qui posera avant la Seconde Guerre Mondiale les bases de ce qu’on nommera plus tard le « design » et apportera dans les années 50 des solutions essentielles aux nouveaux enjeux de l’après-guerre.

Il y a dans le projet de Jean-Baptiste Bouvier et Pierre Le Ny le désir de révéler un instant charnière et déterminant dans l’histoire des arts décoratifs français mais également fondateur dans l’histoire d’une France en reconstruction.

Texte via Galerie Bouvier – Le Ny

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PIERRE PAULIN – PREMIERE PERIODE : 1952-1959 @ GALERIE PASCAL CUISINIER

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En écho à l’ensemble des hommages rendus au designer Pierre Paulin, la Galerie Pascal Cuisinier a choisi de présenter un chapitre plus méconnu du travail du créateur, à savoir ses toutes premières années de création. Pierre Paulin est l’un des créateurs français les plus reconnus et les plus importants de sa génération. Il a été régulièrement mobilisé pour des commandes prestigieuses, comme en témoignent les ensembles dessinés pour l’Elysée en 1971 et en 1984, sous les mandats de Georges Pompidou puis de François Mitterrand. Sa notoriété résulte également de son travail sur le siège pour le fabricant hollandais Artifort. Les premières années du jeune designer sont remarquables car elles préfigurent déjà le Pierre Paulin de l’équilibre et de l’harmonie, de l’intelligence et du fonctionnalisme, qui se révèlera au grand public. Pierre Paulin étudie à l’Ecole Camondo jusqu’en 1950 avant d’intégrer l’agence Marcel Gascoin, sur les recommandations de l’un de ses professeurs Maxime Old. Il rencontre alors les designers Michel Mortier, Joseph André Motte et Pierre Guariche qui défendent également un design simple, épuré et rationnel, au service du plus grand nombre et non d’un style esthétique.

Dès 1953, Paulin se distingue au Foyer d’aujourd’hui en présentant son « appartement idéal » autoédité. Il est alors repéré par Meubles TV qui édite certaines pièces de l’ensemble, dont la célèbre banquette 119. Entre 1954 et 1967, Thonet France l’invite à concevoir une large gamme de sièges et de mobilier à destination des collectivités. Puis il devient en 1958 le designer phare de Harry Wagemans d’Artifort. Avec ce focus, la Galerie Pascal Cuisinier souhaite mettre en avant les premières créations du designer, qui s’inscrivent en pleine phase avec celles d’une génération féconde de premiers designers français, composites du paysage de la création nationale pendant les Trente Glorieuses. Les oeuvres présentées résument en effet les enjeux de cette période d’après guerre : la restructuration des espaces dans l’habitation lors de la Reconstruction invite à la recherche d’un mobilier fonctionnel de qualité, fabriqué en série et accessible au plus grand nombre.

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