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GEORGE NAKASHIMA – 50 ANS DE CREATION @ GALERIE ALEXANDRE GUILLEMAIN – 21 Sept. au 27 Oct.

« Japonais ? Pas par la naissance. Américain ? Certes, mais pas seulement. George Nakashima se définissait avant tout comme « un membre de la communauté mondiale ». Si ses créations figurent aujourd’hui dans les plus grandes collections – publiques comme privées – de part et d’autre de l’océan Pacifique, il reste, au-delà du cercle des amateurs, méconnu du public européen. Cela s’explique par la rareté de ses pièces, fruits d’une production contrôlée, et par la faible diffusion européenne des ouvrages qui lui sont consacrés, en dépit d’une bibliographie abondante. Ses liens avec le Vieux Continent sont pourtant étroits et particulièrement avec la France où il réside à deux reprises : la première fois lors d’une étape importante de sa formation aux Beaux-Arts de Fontainebleau en 1928, la seconde de 1934 à 1936 lors d’un séjour au cours duquel il se place au centre de la vie intellectuelle et au plus proche de la pensée moderne.

Tout au long du XXème siècle, au gré d’une existence qu’il voulut simple et discrète, George Nakashima sut se forger une identité singulière marquée par un goût immodéré du voyage et une curiosité insatiable dont il a continuellement nourri son œuvre. Rares sont les créateurs de sa génération qui, avant même le traumatisme de la seconde guerre mondiale, auront été animés d’un désir si profond de dialogue entre les cultures. C’est cette dimension cosmopolite, matrice de l’œuvre de George Nakashima, qui en forge le caractère unique. Dépassant le conflit Orient-Occident à une époque où tout rapprochement semblait impossible tant sur le plan culturel que politique, G. Nakashima n’a jamais exprimé un quelconque tiraillement entre son appartenance à la Nation américaine et ses origines japonaises. Cette double filiation se révéla au contraire le noyau de son universalisme.

Durant toute la première partie du XXème siècle, il arpente les Etats-Unis, l’Europe puis l’Asie, incorporant à son socle culturel les traits propres à chacune de ses rencontres et de ses découvertes. Il faut voir dans cette période dominée par son travail d’architecte la genèse de son œuvre d’ébéniste, tant sur le plan philosophique qu’esthétique. Lorsqu’il débute officiellement son activité en 1943, George Nakashima est un homme de 38 ans qui s’engage dans une voie mûrement réfléchie. Son choix de produire du mobilier ne se réduit pas à une simple activité économique dérivée de l’architecture, c’est l’aboutissement d’une longue réflexion sur le sens même de son existence. Exceptionnelle par sa densité, l’œuvre de George Nakashima fait système ; elle met en résonance l’objet avec tous les aspects de la vie de son créateur : son environnement physique, sa spiritualité, sa famille, ses héritages culturels. Chacune des pièces de George Nakashima révèle ainsi en filigrane une vision du monde dans sa complexité. Créer pour vivre, vivre pour créer, tel pourrait être l’épitome d’une existence menée au fil du bois. »

Texte et visuels via Galerie Alexandre GUILLEMAIN

Galerie Alexandre GUILLEMAIN – 35 rue Guénégaud – Paris 6

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VENTE PIERRE CHAPO @ PIASA – 26 Sept. 2018

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Bio : JOE COLOMBO (1930-1971)

Joe-Colombo
Tour à tour peintre, architecte, designer industriel et inventeur, Joe Colombo (1930-1971) n’eut de cesse de créer et de surprendre dans un souci permanent d’améliorer et de faciliter notre quotidien. La notion de modularité le guida tout au long de sa carrière qui s’acheva brutalement à l’aube de ses 41 ans certainement à cause d’une vie menée tambour battant faisant de lui l’un des créateurs italiens les plus influents de sa génération. Il créa pour les plus grands éditeurs italiens à partir du début des années 60 lorsque qu’il décide d’entamer sa carrière de designer industriel, que ce soit du mobilier pour Zanotta et Flexform, ou des luminaires pour Kartell et Oluce entre autres. Toujours dans le but de simplifier la vie quotidienne, il s’attela, pendant la seconde moitié moitié des années 60 et en parallèle de son activité de designer, à la fabrication d’unités d’habitation multi-fonctionnelles dans la lignée des « casiers standards » de Le corbusier en 1920. Son âme de précurseur se manifesta également à travers l’utilisation de matériaux innovant que l’on découvre avec la chaise universale pour Kartell en 1967, la première assise pour adulte utilisant le plastique ABS moulé par injection, ainsi qu’avec le fauteuil Elda dont la coque est constituée de fibre de verre renforcée de plastique. Ce créateur futuriste marqua de son emprunte indélébile les 2 décennies de sa trop courte carrière, que ce soit en terme d’innovation que de dynamisme. Il mis à profit aussi bien l’artisanat italien que de grands éditeurs afin de produire des pièces au plus prêt de ses exigences, un personnage à part ainsi qu’un des meilleurs représentants du design utopique des années 60.
 
Les luminaires
 
Entre Joe Colombo et les luminaires, c’est une grande histoire d’amour qui débute en 1962 avec la lampe Acrilica qu’il dessine à quatre mains avec son frère Gianni Colombo (1937-1983) chez l’éditeur Oluce où il occupera d’ailleurs le poste de directeur artistique jusqu’en 1968 sous l’égide de Giuseppe Ostuni. L’Acrilica marque l’arrivée de Colombo en tant que designer dans le paysage milanais, et par la grande  porte puisqu’elle lui permet de remporter la médaille d’or à la XIIIème Triennalle de Milan en 1964. Cette lampe est composée d’un convecteur en plexiglas en forme de C complété d’une base en métal laqué contenant un tube néon permettant la projection de lumière, un modèle originale s’échangeant autour de 2500eur quand une rééddition est vendue 1800eur chez Oluce. Chez le même éditeur il produit également les célèbres lampes spider et coupé en 1967, pour lesquelles il sera gratifié de 2 prix : le Compasso de Oro et l’International Design Award. Ces modèles sont déclinés en plusieurs versions :  lampe de table, lampadaire, plafonnier, applique mural ou lampe à étau, elles reflètent parfaitement la recherche de la multi-fonctionnalité, chère à Joe Colombo, permettant de nombreuses variations de l’éclairage. Côté budget, les prix s’étalent entre 200eur et plus de 1000eur en fonction des versions et des coloris, les plus recherchées étant les bleues et les jaunes sachant que les blanc et les noirs sont rééditées.
A la même période, le designer milanais collabore avec l’enseigne Kartell et imagine une série de lampes à base de plastique dont les modèles KD24, KD27 et KD29, si les 2 dernières furent les plus répandues, la KD24 se distingue par une production plus faible ainsi qu’un système permettant de faire varier la diffusion de la lumière et d’obtenir un effet plus ou moins tamisé. Ces lampes à poser furent éditées peu de temps dans plusieurs couleurs, les prix variants en fonction de leur rareté, comptez entre 200eur et 600eur pour an ecquérir une pièce, le haut de la côté concernant les vertes, les jaunes et les violettes principalement. Notez que les KD27 et KD29 furent produites quelques temps en Australie dans des versions ayant l’abat-jour inférieur transparent avec une petit tirette reliée à la douille en guise d’interrupteur.
En 1970, il se rapproche de Stilnovo pour éditer sa lampe Topo qui peut être placée dans toutes les positions grâce à ses bras articulés ainsi que sa rotule multi-directionnelle sous l’abat-jour. La topo fut déclinée en lampe à poser, en aggraffe, en lampadaire ainsi qu’une version mini. Le prix d’une version ancienne s’évalue entre 150eur et 400eur.
LAMPE SHU JOE COLOMBO
Fauteuil Elda
 
C’est en 1963 que Joe Colombo imagine son célèbre fauteuil Elda, qu’il nommera ainsi en hommage à sa femme dont c’était le prénom. Produit par la société italienne Comfort seulement à partir de 1965, il s’agit du premier fauteuil de cette envergure à utiliser la fibre de verre renforcée de plastique, il s’inspire d’ailleurs des coques de bateau pour réalisé son imposante coque pivotante qu’il complètera de 7 coussins en cuir rembourrés conférant à cette assise une silhouette toute en rondeurs. Révolutionnaire en son temps, le fauteuil Elda offre un comfort et un plaisir d’assise incomparable, véritable « pièce dans la pièce », son dossier arrondi permet réellement de s’isoler du bruit environnant. Exposé au Musée d’Art Moderne à new-York (MOMA) ainsi qu’au Musée des Arts Décoratifs à Paris, ce fauteuil avant-gardiste fut mis à contributions dans plusieurs films et série pour son caractère futuriste et iconique, il apparait ainsi de façon récurrente dans la série d’anticipation « Cosmos 1999 » de Gerry et Sylvia Anderson entre 1975 et 1978, dans le film Hibernatus d’Edouard Molinaro en 1969, il accueil Benoit Poelvoorde pendant les 48 épisodes de la série télévisée belge « Les carnets de Mr Manatane » entre 1997 et 1998, et plus récemment il trône dans le premier tom du Blockbuster « Hunger Games » de Gary Ross au côté de Woody Harrelson. Une création de Colombo qui n’a pas pris une ride malgré les années et qui est aujourd’hui rééditée par la société Longhi en Italie avec une coque constituée de polyuréthane préformé. Pour une version originale, à la quelle il faudra préférer un cuir d’origine, il faudra débourser entre 4500eur et 6000eur pour un exemplaire en bel état dont la coque en fibre de verre n’a pas trop souffert avec un cuir bénéficiant d’une belle patine.
joe colombo elda
 
Le mobilier modulable
Parmi les plus beaux exemples de mobilier modulable produit par Joe Colombo, le meuble de rangement ou chariot Boby pour Bieffeplast et le sculpturale fauteuil tube pour Flexform sont très représentatifs. Tous 2 dessinés en 1969, le premier était principalement destiné aux architectes à l’origine, même si un usage domestique le démocratisera par la suite, ce petit meuble de rangement en plastique ABS injecté et monté sur roulettes possède des plateaux pivotant permettant un gain de place évidant et complète parfaitement une table à dessin ou un bureau. C’est un grand classique de Colombo qui fut édité en 3 tailles à des milliers d’exemplaires et donc assez rependu sur le marché de l’occasion, il vous en coutera pas loin de 150eur pour un exemplaire en bon état sans fêlure dans un coloris basic (noir ou blanc), comptez une centaine d’euros supplémentaire pour une couleur moins courante comme le jaune ou le vert. Notez qu’il est réédité aujourd’hui par la firme B Line au prix de 350eur, raison de plus pour privilégier une version d’époque. Le fauteuil tube quand à lui fut très vite hissé au rend d’icône du fait de son côté atypique, composé de 4 cylindres de différentes tailles pouvant être combinés via des joints d’assemblage en acier permettant de multiples combinaisons. On peut ainsi passer du petit fauteuil au la chaise longue ou bien à la version haut dossier avec quelques manipulations, le tout pouvant s’insérer les uns dans les uatres afin de tenir dans un sacs en toile jute prévu à cet effet. Niveau modularité, simplicité et rangement on n’a rarement fait plus bouti, cela résume assez les recherches de Joe Colombo pour le confort et la praticité était primordiales, même au détriment de la ligne (ce qui n’est pas le cas ici). C’est un principe qu’il développe lorsqu’il s’attèle à ses unités mobile d’habitation futuriste et qu’il développe l’idée d’anti design.
TOBU CHAIR JOE COLOMBO
 
La chaise Universalle
 
Initialement prévue pour être fabriqué en aluminium, elle fut finalement la première chaise pour adulte éditée en plastique ABS moulé par injection sous l’impulsion de la société italienne Kartell, véritable pionnière dans ce domaine. Dessinée par Joe Colombo en 1965, elle n’est disponible au grand public qu’à partir de l’automne 1967 suite à quelques soucis de productions dans la fabrication du moule à injection. La chaise universale est empilable par 3 et dispose de pieds démontable, l’idée originale étant de pouvoir varier les piètement pour des usage différents en fonction des besoins : chaises de bar, assise pour enfant, école, salle à manger, hôtel… bref un modèle pouvant être décliné à l’infini, une preuve supplémentaire du travail évidemment précurseur de Colombo. Cette icône de la période space-age et des aficionados de mobilier plastique est assez courante sur le marché de la seconde main,  vous pouvez en faire l’acquisition pour un prix se situant entre 50eur et 100eur en fonction de l’état. Notez qu’à l’époque, une version avec accoudoir fut développé mais elle resta malheureusement à l’état de prototype.
 
JOE COLOMBO UNIVERSALE CHAIR KARTELL
 
Les unités d’habitation fonctionnelles
 
Joe Colombo se consacre à la fabrication d’unités fonctionnelles à la fin de sa carrière, un projet qu’il avait déjà amorcé plus tôt en tant qu’architecte d’intérieur ainsi que dans l’aménagement de boutiques. C’est à ce moment là qu’il développe son idée d’Anti Design, estimant que « pour le designer, la relation entre l’habitation et le mobilier se fait toujours aux dépens de ce dernier », c’est ne quelque sorte l’aboutissement de ses recherches, il s’attache à oeuvre sa vision de l’habitat moderne et il en résulte des des cellules d’habitation individuelles futuristes et multi fonctionnelles destinées à faciliter la vie quotidienne, chaque pouvant se combiner aux autres pour former un appartement complet, il multiplie les rangements escamotables, les portes coulissantes et les systèmes tout intégrés. Le monde découvre un l’aboutissement de son travail amorcé sur le mobilier flexible et modulaire. Il tente de répondre de répondre au plus prêt aux besoins de ses contemporains, c’est ainsi qu’en 1968 la société Bayer demande à Colombo la conception d’un habitat futuriste pour la foire du meuble de Cologne : Interzum 1969 – Visiona 1. C’est son projet le plus aboutie ou il a pu exprimé nombreuses de ses expérimentations que ce soit en terme d’aménagement  mais également au niveau électronique avec les prémices de la domotique via un téléviseur intégré et un dispositif central de commande. Son habitat futuriste « Visiona 1 » fut par la suite présenté dans plusieurs autres villes européennes, plus qu’un designer Joe Colombo était un réel visionnaire, nulle doute que son travail résonne encore aujourd’hui chez de nombreux architectes avant-gardistes.
Joe Colombo Visiona 1969
Bibliographie :
Joe Colombo – Vittorio Fagone et Ignazia Favata – Minimum Design – 2011
Joe Colombo : Inventing the futur – Les Arts Décoratifs – Vitra Design Museum – 2005
Joe Colombo and Italian design of the sixties – Ignazia Favata – MIT Press – 1988
I Colombo – Joe Colombo 1930-1971/Gianni Colombo1937-1993 – Vittorio Fagone Mazotta – 1995
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VENTE DESIGN @ AGUTTES – 24 Sept. 2018

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BIO : PIERRE GUARICHE (1926-1995)

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C’est probablement le plus connu des designers français du mouvement moderniste des années 1950, en France. Le plus populaire aussi grâce à des pièces emblématiques destinées aux foyers modestes. Pierre Guariche, designer prolixe, nous laisse de nombreuses pièces, dans une large gamme de prix, avec une constante : la qualité.

Les canons de la guerre se sont tus ; la reconstruction du pays commence. Dès le début des années 1950, une jeune génération de designers modernistes émerge, avide de renouveau et à la créativité explosive. Le jeune Pierre Guariche (1926-1995) est un membre actif de la reconstruction au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il allie la rationalité et l’élégance avec le souci permanent de s’adapter à l’espace pour toucher le plus grand nombre. Fervent acteur de la production série, il n’a de cesse de faire évoluer les techniques de fabrication pour répondre aux besoins de l’habitat. Diplômé de l’ENSAD en 1949, il fait ses premières armes aux côtés de Marcel Gascoin avant de travaillerpour les grands éditeurs de l’époque : Airborne, la Galerie Mai, Steiner, Les Huchers Minvielles, Meurop ou encore Disderot. Membre fondateur du célèbre Atelier de Recherche Plastique (ARP) de 1954 à 1957 et titulaire du prix RenéGabriel en 1965, Pierre Guariche est un personnage charnière au sein des arts décoratifs du XXe siècle.

Préfacto, les prémices

Alors âgé d’à peine 25 ans, il lance en 1952, le programme Prefacto sous l’égide de Charles Bernard, créateur des éditions Airborne. L’ensemble est composé d’une petite table basse, d’une chaise, d’un fauteuil et d’éléments de rangement modulables. Ce salon entièrement modulaire, l’un des premiers d’après-guerre, préfigure le mouvement moderniste. Édité par Airborne à l’origine, le brevet des meubles Prefacto est rapidement cédé à la Galerie Mai. Par la suite, cette dernière distribuera le mobilier de Guariche dans des versions en contre-plaqué afin de proposer des prix plus attractifs. Ces pièces sont peu courantes sur le marché de l’occasion, particulièrement les premières éditions Airborne très prisées des collectionneurs. Un fauteuil Préfacto s’échange autour de 5000 euros. Le prix de la rareté.

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L’aventure ARP

En octobre 1954, le trio Pierre Guariche, Michel Mortier et Michel-André Motte créé L’Atelier de Recherche Plastique (ARP). Il s’agit de proposer une offre large et variée, dans la lignée de ce que préfigure le mobilier d’après guerre, afin d’intéresser les éditeurs et les distributeurs. L’Atelier s’installe au coeur du quartier historique des artisans du meuble, faubourg Saint-Antoine, à Paris. Rapidement, les créations du groupe sont éditées : Steiner et Airborne pour les assises, Minvielles pour les rangements et Disderot pour le luminaire. Des références de l’ameublement de l’époque. L’Atelier de Recherche Plastique est consacré dès 1955, en emportant les deux premiers prix du Salon des Arts Ménagers, avec la salle de séjour et la chambre des parents. Alors que les designers développent leur propre identité chacun de leur côté et réalisent des projets personnels l’aventure ARP prend fin en 1957. Une petite enfilade ARP vaut entre 300 et 500 euros tandis qu’une belle assise refaite à neuf coûte près de 1000 euros.

La collaboration avec Airborne

La société Airborne et Pierre Guariche sont étroitement liés. Le designer, le premier à être édité par la firme de Charles Bernard, va signer en 1954, le célèbre fauteuil G1 qui restera au catalogue de l’éditeur jusque dans les années 1970. Il est constitué d’une simple housse en toile tendue reposant sur une structure métallique à section ronde laquée noir. Autre succès de leur collaboration, le mythique fauteuil G10, modèle intemporel, est composé d’une armature en contre-plaqué garnie de mousse et d’un piétement métallique tubulaire laqué noir. Le modèle est décliné dans une version rare, avec accoudoir en bois, ainsi qu’en banquette deux et trois places. Ce fauteuil, assez courant sur le marché de l’occasion dans sa version classique, s’acquiert aisément aux alentours de 600 euros.

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La maison Steiner

Tout le monde connaît la chaise Tonneau, surnommée Amsterdam. Avec la série Tulipe, elle est un classique des années 1950, née de l’association entre Pierre Guariche et la société Steiner. Toutes deux constituées d’une coque en fonte d’aluminium, en fibre de verre de verre ou bien en contreplaqué moulé souple, éventuellement complétées d’une galette d’assise ou entièrement recouvertes, les chaises sont évidées au centre. On reconnaît la Tulipe grâce à une ouverture plus grande. Idéales pour les petits espaces, ces chaises intemporelles fabriquées à de nombreux exemplaires trouvent leur place dans tous les intérieurs. Il est aisé d’en chiner, leur cote se situant autour de 200 euros pour une version en bois ou en fibre et 450 euros pour une version en fonte d’aluminium. Steiner a également édité les célèbres tables d’appoint carrées en mélaminé noir ou blanc dites «tables volantes». Elles sont également utilisées en tables de chevet ou en tables basses lorsqu’elles sont associées en série de trois ou de quatre. Un budget de 150 à 200 euros est nécessaire pour une table. Une version grand modèle, plus rare, existe avec une arrête de 60 cm au lieu de 40 cm.

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Les masterpieces

En parallèle des productions en série pour les firmes Airborne, Steiner ou Meurop, Guariche collabore de façon ponctuelle avec d’autres éditeurs pour lesquels il réalise des pièces produites à petite échelle appelées des «masterpieces». Ce sont
des meubles rares et très prisés des collectionneurs et des passionnés de design moderniste. Parmi ces créations d’exception, citons les chauff euses Courchevelle, éditées par Sièges Témoins, en 1962, le bureau Président chez Les Huchers Minvielles et la rarissime chaise longue dite «La vallée blanche» la même année. Cette dernière, inspirée de Le Corbusier et Bruno Mathsson, a été réalisée dans les ateliers de la fi rme Steiner avant d’être finalement éditée par Les Huchers Minvielle. Un parcours atypique pour l’unique exemplaire connu de cette pièce qui est actuellement en vente dans
une célèbre galerie parisienne. À bon entendeur….

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Les luminaires Disderot

Pierre Guariche est souvent qualifi é de designer populaire en raison du prix accessible de ses meubles. Des tarifs bas grâce à une production en série par les firmes Airborne et Meurop. En revanche, le designer revêt son costume d’orfèvre quand il s’agit des luminaires édités, pour la plupart, par Pierre Disderot. Édités dans les années 1950, les lampadaires, lampes à poser, appliques ou plafonniers du diplômé de l’Ensad sont des icônes atteignant des résultats record en salle des ventes, au même titre que le mobilier de Jean Prouvé ou Le Corbusier. Dans ce domaine, le talent de Guariche s’exprime. Ses réalisations sont empreintes d’élégance et de légèreté, haussant Guariche au niveau des plus grands créateurs du XXe siècle. Parmi ses modèles phare, le lampadaire à double balancier G23 dit «equilibrium» est une pièce exceptionnelle, à mi-chemin entre la sculpture et l’éclairage d’intérieur. Ces oeuvres ont un prix : plusieurs milliers d’euros voire dizaines de milliers d’euros, sauf coup de chance du chineur.

Lampe agraffe G Pieerre Guariche Disderot

L’étape belge Meurop

Après l’expérience de l’Atelier de Recherche Plastique, Guariche prend la direction artistique du fabricant de mobilier belge Meurop. Il occupera le poste de 1960 à 1968. Pour toucher les foyers les plus modestes (n’oublions pas que dans les années 1950, la population française vit encore des moments difficiles), Guariche réalise du mobilier fabriqué industriellement, notamment les chaises coquillage en plastique moulé, à la fois légères et résistantes. Il imagine également, en 1959, pour Meurop, des pièces de qualité supérieure tel le fauteuil Calice. Sur le marché de l’occasion, le mobilier Meurop dessiné par Guariche est relativement accessible. Une petite enfi lade en contre-plaqué se trouve à partir de 300 euros. N’hésitez à chiner en Belgique où les prix sont plus doux et les pièces de Meurop, plus nombreuses.

Les rééditions

Pierre Guariche n’a malheureusement pas échappé à la réédition. La société Maison du Monde s’y est attelée depuis 2013 en reprenant une quinzaine de pièces du célèbre designer français avec plus ou moins de réussite. S’agissant pour la plupart de pièces relativement courantes du catalogue Guariche, il est conseillé d’opter pour des pièces vintage. Alors que les prix de ces dernières sont proches de ceux du neuf, l’intérêt historique et la cote d’une pièce vintage n’ont pas de commune mesure avec les rééditions. La cote d’un modèle original de Guariche ne s’eff ritera pas, voire se bonifiera, au fil des ans. Éternel débat entre le mobilier de designer original et les rééditions.

À lire
Airborne Par Pierre Deligny. Éditions Les Modernistes.
Steiner et l’Aventure du design Par Patrick Favardin. Éditions Norma.
Les Décorateurs des années 50 Par Patrick Favardin. Éditions Norma.

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Crédit photo : Galerie Alexandre Guillemain et  Artcurial.

EXPO « UNION DES ARTISTES MODERNES » @ CENTRE POMPIDOU

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L’UAM, Union des artistes modernes, incarne la modernité française au 20ème siècle. Elle a rassemblé tous les grands noms de créateurs dans une démarche inédite et inégalée, réunissant disciplines et domaines artistiques variés. L’UAM a eu pour ambition de proposer un nouvel art de vivre et n’a cessé de vouloir le faire partager au plus grand nombre. Pensée comme un organe de combat, elle s’est attaquée aux conservatismes ambiants et, contexte oblige, a dû en rabattre et se muer en une communauté sur la défensive, jusqu’à s’incliner et se dissoudre. L’exposition inédite que consacre le Centre Pompidou à cette aventure met en scène cinquante ans de création moderne sous l’égide des noms les plus emblématiques du 20ème siècle : de Le Corbusier à Robert Mallet-Stevens, d’Eileen Gray à Charlotte Perriand, de Pierre Chareau à René Herbst, de Francis Joudain à Jean Prouvé… Au cours d’un parcours chronologique articulé en différentes sections, l’exposition remonte aux origines françaises de cet idéal où tous les arts se côtoient et se conjuguent à travers les réalisations collectives et les œuvres de chacun.

La constitution de l’UAM date du 15 mai 1929. Elle trouve son origine dans le Salon d’Automne créé en 1903, qui va servir tout à la fois de lieu d’expérimentation et de caisse de résonance aux tenants de la modernité. Les arts décoratifs ne sont pas relégués au second plan et on peut entrevoir la modernité des intérieurs dans les tableaux des peintres de l’avant-garde tels Pierre BonnardÉdouard Vuillard et Henri Matisse. La puissance de la couleur et la rupture avec les motifs de l’art nouveau sont ainsi partagées dans un même mouvement. L’idée d’un regroupement germe dans la pratique professionnelle des membres fondateurs qui, durant les années 1920, ont développé, à l’occasion de commandes ou de manifestations, des réponses communes et une pratique collective.
L’UAM, ce sont des hommes et des femmes au passé commun, des confrères, des amis, des complices. Ce sont des figures, de fortes personnalités, des créateurs engagés. Ils se rassemblent pour faire face au refus de la Société des artistes décorateurs de leur accorder une présentation groupée leur permettant d’affirmer les principes de l’esthétique moderne qu’ils défendent. Autour du premier comité directeur constitué par Robert Mallet-Stevens, Francis Jourdain, René Herbst, Hélène Henry et Raymond Templier, plusieurs dizaines de personnalités, parmi lesquelles Sonia Delaunay, Fernand Léger, Jean Carlu, Pierre Chareau, Jean Prouvé, Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand ou Eileen Gray, se retrouvent unies par un même idéal : s’entêter à créer sans regarder en arrière.

Si l’UAM se dote d’un manifeste quelques années après sa fondation, en 1934, pour répondre à toutes les attaques auxquelles elle a dû faire face, son mode d’expression privilégié est l’exposition. Quatre salons annuels à partir de 1930, participation aux salons de la lumière en 1935 et 1936, participation aux expositions de l’habitation, forte présence aux salons des arts ménagers, expositions de concours organisés conjointement avec l’OTUA (Office technique pour l’utilisation de l’acier) et notamment ceux des cabines de paquebot et du mobilier scolaire. Les salons de l’UAM se veulent la démonstration d’une vision commune, revendiquent la prééminence du collectif, affirment l’absence d’une hiérarchie entre les arts, affichent une modernité résolue qui n’est encore que rarement acceptée et promue par les pouvoirs publics. Seule l’arrivée du Front populaire redonne aux membres de l’UAM une place dans l’exposition internationale de 1937. À côté de diverses participations des uns et des autres dans différents pavillons, tous se retrouvent dans celui de l’UAM, signé Georges-Henri Pingusson avec Frantz-Philippe Jourdain et André Louis, et dont l’architecture dynamique de métal et de verre est une des rares expressions de l’architecture nouvelle de cette manifestation.

Après les années de dépression économique, après une période marquée par une lutte sur le front du style en leur défaveur, l’exposition apparaît alors pour ses membres comme un sursaut. Rétrospectivement, on peut y voir l’apogée de l’action de l’UAM, car, après les années noires de la guerre, ses membres peuvent imaginer leur heure venue, être appelés à participer à la reconstruction du pays sur de nouvelles bases. C’est le cas, mais l’association périclite : elle a vécu. Ses adhérents, anciens et nouveaux, continuent de se revendiquer de l’esprit qui animait l’UAM, le mettent en pratique dans leurs réalisations mais vont se doter progressivement de nouvelles structures : Formes utiles qui poursuit le combat pour renouveler l’art de vivre et le Groupe Espace qui entend associer architectes, ingénieurs et artistes à la recherche d’une synthèse des arts.

Texte via Centre Pompidou

Expo Unions des Artistes Modernes UAM POMPIDOU - Crédit The Good Old Dayz 34

GALERIE WA @ PARIS

GALLERY WA DESIGN X THE GOOD OLD DAYZ 1

« La vocation de la galerie WA est de faire entrer en résonance les œuvres de designers japonais et français qui, au-delà des époques et des frontières, partagent une même culture de l’épure, constitutive des arts traditionnels nippons mais aussi du modernisme occidental.

Une culture fondée sur la quête d’harmonie (« wa » en japonais) et qui rejette tout ornement au profit de formes simples sublimant les qualités intrinsèques des matériaux jusque dans leurs imperfections et exaltant l’infinie richesse du vide, virtuellement plein de toutes les interprétations possibles.

En jetant un pont entre l’Orient et l’Occident, la galerie WA donne ainsi à voir une approche du design toute en oxymores, célébrant la beauté de l’asymétrie, l’essentialité des détails, et dépassant les dichotomies entre l’utile et l’esthétique, l’artisanat et l’art, les savoir-faire ancestraux et l’innovation, le raffinement et la rusticité, pour conférer à chaque création cette subtile harmonie, porteuse d’un indéniable supplément d’âme.

Purement et simplement. »

GALLERY WA DESIGN X THE GOOD OLD DAYZ 9

GALERIE WA – 26 Place des Vosges – 75001 Paris

Showroom en étage sur RDV