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BANQUETTE 195 – ANDRE MONPOIX ET ALAIN RICHARD – MEUBLES TV 1953

BANQUETTE 195 - ANDRE MONPOIX ET ALAIN RICHARD - MEUBLES TV 1953 - ADERVia Ader

REPORT PHOTO : EXPO « 50 NUANCES DE BLANC » @ GALERIE PASCAL CUISINIER – 9 Sept. au 14 Oct.

C’est tout en blanc que s’effectuera la rentrée à la galerie Pascal Cuisinier pendant que la biennale battra son plein. En effet, le galeriste spécialisé dans le design français des années 50 a sélectionné dans sa collection 50 pièces, des plus connues aux plus rares, pour déplier toutes les nuances possibles de cette non-couleur tellement chic.

Si les années 50 en France s’identifient souvent au piètement tubulaire laqué noir, les exceptions ne manquent pas et de nombreux meubles, sièges ou luminaires ont eu une version blanche au tout début des années 50 mais aussi à la charnière avec les années 60’. Cette non-couleur capable de transformer l’objet qu’elle habille grâce d’abord à la laque, qui couvre le métal des piètement des premiers meubles de Philippon Lecoq puis ceux de l’A.R.P., les tôles perforées des luminaires de Pierre Guariche ou ceux d’Alain Richard. Mais le blanc recouvre aussi meubles et tables basses grâce au stratifié ou à l’opaline, enfin il créé une lumière subtile par l’introduction du plexiglas dans le luminaire à partir de 1958.

Ces matériaux ont vieilli bien sûr. Cela leur confère aujourd’hui une patine et de multiples nuances allant du blanc glacé des marbres et des verres teintés dans la masse, jusqu’aux ivoires profonds des fils Isogaine des chauffeuses d’André Monpoix ou des luminaires de Pierre Guariche créant toute une palette à la fois chic, subtile, sophistiquée et pour autant sobre et sans ostentation, comme bien souvent dans les créations françaises de cette époque.

La galerie ne s’est pas privée d’utiliser la gamme exceptionnelle des blancs qu’offrent les matières des tissus d’éditeurs contemporains comme Pierre Frey pour recouvrir une très belle collection de chaises, de fauteuils et de canapés d’époque. Et elle ne se privera pas non plus d’une mise en scène tout en blanc du sol au plafond seulement nuancée par les éclairages de la collection de luminaires.

ALAIN RICHARD 1926 – 2017

Alain Richard nous quittait le 4 aout dernier, voici quelques éléments biographiques et historiques de ce créateur français des Trente Glorieuses rédigés par la Galerie Pascal Cuisinier. La galerie avait organisé la première exposition monographique en 2009 et possède une collection unique de ses meubles et luminaires. Elle prépare pour très bientôt nous l’espérons une grande rétrospective et sans doute un second ouvrage monographique.

Elève de René Gabriel, sorti major de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en 1949, fondateur de son bureau d’études dès 1952 avec son épouse la talentueuse créatrice de tissus Jacqueline Iribe, puis de sa propre Agence en 1971, Alain Richard s’imposera très vite comme l’un des plus brillants représentants de sa génération.

Né en Bretagne, dans les Côtes du Nord, et amoureux de la mer et des bateaux, il rêve dans un premier temps d’une carrière dans la Marine Nationale, mais sa santé fragile et ses talents précoces l’orientent très tôt vers d’autres voies… A la fin de ses études secondaires, au vu de ses évidentes dispositions, son professeur de dessin l’incite à entrer à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, à Paris. Bien qu’hésitant encore entre peinture et architecture, plus enclin à travailler la couleur que le volume, il opte pour cette formation reconnue comme la plus aboutie de l’époque.

La naissance du style Alain Richard

A Paris, il fonde en 1952 son propre bureau d’études avec sa femme Jacqueline Iribe, créatrice de textiles d’ameublement parmi les plus talentueuses de sa génération, dont le style résolument contemporain séduira la Maison Knoll International. Ses créations se démarquent de l’esthétique dominante et annoncent les partis pris de la décennie suivante.

Au Salon des Arts ménagers de 1954, il expose un ensemble très remarqué de chambre à coucher édité par Lavrieux : un soin tout particulier est porté à l’éclairage, en partie indirect ; les jeux de matériaux sont renforcés par des aplats de couleurs qu’animent les tissus de Jacqueline Iribe ; l’utilisation systématique des tubes métalliques peints en blanc pour les lampes comme pour les meubles apporte une fraicheur nouvelle à l’ensemble dont la modernité est encore appuyée par la présence d’agrandissements photographiques.

Alain Richard deviendra l’un des tout premiers designers français, incarnant cette nouvelle génération que Solange Gorse, rédactrice en chef de La maison Française, quali e alors de « génération des jeunes loups » au vu de son enthousiasme, de sa vitalité et de sa capacité à rivaliser avec les productions scandinaves ou américaines tout en conservant les qualités d’un style proprement français.

Parmi ces « jeunes loups » : Pierre Guariche, Joseph- André Motte, Michel Mortier, André Monpoix, Antoine Philippon et Jacqueline Lecoq, René Jean Caillette, Pierre Paulin… Ils connurent la reconnaissance tout au long de trois décennies, mais s’effacèrent quelque peu de la mémoire collective dans les années 80-90 ; ils font désormais l’objet de redécouvertes à l’instar de Pierre Paulin.

Des commandes prestigieuses

Avec Pierre Paulin, Alain Richard est le designer de sa génération qui recevra le plus grand nombre de commandes du Mobilier National dans les années 70… Il est notamment chargé de l’aménagement de la préfecture des Hauts de Seine, des tribunaux de grande instance de Nanterre et d’Annecy, de la nouvelle Ambassade de France à Moscou, du ministère de l’eau et de l’énergie au Gabon, de la banque d’état du Cameroun, ainsi que de nombreux chantiers pour les ministères des affaires étrangères, de la Santé, des postes et des télécommunications, des Affaires Culturelles…

Il participe par ailleurs au chantier du réseau RER à Paris, notamment la station Auber.
A partir de 1977, il devient un spécialiste des musées : il en concevra une vingtaine. Parallèlement, il travaille pour des groupes hôteliers, des complexes de sports d’hiver, ainsi que pour la BNP qui lui confie des agences de prestige aux quatre coins du monde et sa nouvelle image de marque.

Un parcours ponctué de nominations et de récompenses.

En 1964, Alain Richard est chargé de conférences par le ministère des affaires culturelles, auprès des élèves de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Il continuera d’enseigner jusqu’à la n des années 70, accordant une grande importance à cette activité. En 1967, il est nommé membre de la commission d’études pour la création architecturale, au ministère des affaires culturelles, et devient, en 1969, membre du comité chargé de donner son avis sur les questions concernant la création dans le domaine des arts graphiques et plastiques et des rapports de l’état avec les artistes.

Parmi les récompenses, lui reviennent : le grand prix de l’exposition universelle de Bruxelles (1958), la médaille d’or de la Deutsche Handwerks Messe de Munich (1960), la médaille d’or de la S.E.A.I. pour les ensembles et l’architecture intérieure (1961), le prix René Gabriel (1964)…

ALAIN RICHARD TV-ensemble 802

VENTE DESIGN @ LECLERE MDV – 19 SEPT. 2017

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EXPO « 50 NUANCES DE BLANC » @ GALERIE PASCAL CUISINIER – 9 Sept. au 14 Oct.

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C’est tout en blanc que s’effectuera la rentrée à la galerie Pascal Cuisinier pendant que la biennale battra son plein. En effet, le galeriste spécialisé dans le design français des années 50 a sélectionné dans sa collection 50 pièces, des plus connues aux plus rares, pour déplier toutes les nuances possibles de cette non-couleur tellement chic.

Si les années 50 en France s’identifient souvent au piètement tubulaire laqué noir, les exceptions ne manquent pas et de nombreux meubles, sièges ou luminaires ont eu une version blanche au tout début des années 50 mais aussi à la charnière avec les années 60’. Cette non-couleur capable de transformer l’objet qu’elle habille grâce d’abord à la laque, qui couvre le métal des piètement des premiers meubles de Philippon Lecoq puis ceux de l’A.R.P., les tôles perforées des luminaires de Pierre Guariche ou ceux d’Alain Richard. Mais le blanc recouvre aussi meubles et tables basses grâce au stratifié ou à l’opaline, enfin il créé une lumière subtile par l’introduction du plexiglas dans le luminaire à partir de 1958.

Ces matériaux ont vieilli bien sûr. Cela leur confère aujourd’hui une patine et de multiples nuances allant du blanc glacé des marbres et des verres teintés dans la masse, jusqu’aux ivoires profonds des fils Isogaine des chauffeuses d’André Monpoix ou des luminaires de Pierre Guariche créant toute une palette à la fois chic, subtile, sophistiquée et pour autant sobre et sans ostentation, comme bien souvent dans les créations françaises de cette époque.

La galerie ne s’est pas privée d’utiliser la gamme exceptionnelle des blancs qu’offrent les matières des tissus d’éditeurs contemporains comme Pierre Frey pour recouvrir une très belle collection de chaises, de fauteuils et de canapés d’époque. Et elle ne se privera pas non plus d’une mise en scène tout en blanc du sol au plafond seulement nuancée par les éclairages de la collection de luminaires.

TABLE 800 – ALAIN RICHARD – MEUBLES TV 1950

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TABLE 800 - ALAIN RICHARD - MEUBLES TV 1950

ENFILADE NO 198 – ALAIN RICHARD – MEUBLES TV 1953