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MDFG GALLERY @ NEW YORK

Gallery MDFG - Jeffrey Graetsch NYC x The Good Old Dayz 1

Jeffrey Graetsch et Ashley Booth Klein ont fondé la galerie MDFG (Modern Design Furniture Gallery) à Williamsburg en 2015. Après avoir présenté le travail des créateurs emblématiques du milieu du siècle, tels que Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret, Le Corbusier et Jean Prouvé au sein de leur appartement, il décident d’ouvrir un espace en rez-de-chaussée sur le trottoir d’en face. Un showroom très épuré, sol en béton ciré et murs blancs, où se cottoient des masterpierces des plus grands architectes français d’après guerre et des créations d’Isamu Nocuchi ou encore George Nakashima.

MDFG GALLERY – 147 Metropolitan Avenue – Brooklyn NYC

EXPO « THE VALUE OF GOOD DESIGN » @ MOMA – NEW YORK

Expo Good Design MOMA NYC x The Good Old Dayz 1

Du 10 février au 15 juin 2019, le MOMA nous proposait l’exposition « The Value of Good Design » avec une sélection d’objets allant du mobilier et des appareils ménagers aux céramiques, au verre, à l’électronique, au design de transport, aux articles de sport, aux jouets et aux arts graphiques. Cette rétrospective nous permettant d’explorer le potentiel de démocratisation du design, en commençant par les initiatives Good Design du MoMA de la fin des années 1930 aux années 1950, qui défendait des produits contemporains bien conçus et abordables. Le concept de « Good Design » a également pris racine bien au-delà du musée : les gouvernements des deux côtés de la guerre froide l’ont adopté comme un outil essentiel de reconstruction sociale et économique et de progrès technologique dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Cette vision globale se reflète dans bon nombre des articles présentés, depuis une automobile italienne grand public Fiat Cinquecento à un appareil photo Werra de l’ère soviétique  jusqu’à une affiche japonaise pour une machine à coudre Mitsubishi et un fauteuil brésilien. Ces œuvres rejoignent des objets emblématiques et inattendus fabriqués aux États-Unis, tels que « La Chaise » de Eames, une cafetière Chemex ou le nettoyeur de crevettes d’Irwin Gershen.

L’exposition soulève également des questions sur ce que le « Good Design » pourrait signifier aujourd’hui et sur la question de savoir si les valeurs du milieu du XXème siècle peuvent être traduites et redéfinies pour un public du XXIe siècle. Les visiteurs sont invités à en juger par eux-mêmes en essayant quelques classiques du design encore en production et en expliquant comment, au travers de ses boutiques, le MoMA continue à incuber de nouveaux produits et idées sur un marché international.

Texte via MOMA

BIO : MATHIEU MATEGOT (1910-2001)

Publié le

Tour à tour décorateur, tapissier, ou encore fabricant de mobilier et de luminaires, Mathieu Matégot (1910-2001) n’a de cesse de créer tout au long de sa carrière. Dès la seconde partie des années 40, il se fait remarquer à travers la fabrication de petit mobilier et d’objets du quotidien en métal perforé auquel il donne toute sorte de forme, les seules limites étant celle de son imaginaire poétique. Il participe au renouveau de l’habitat d’après guerre avec une nouvelle forme d’expression, alliant élégance et originalité tout en utilisant des techniques de fabrication novatrices. Il façonne la tôle ajouré comme personne, lui conférant des formes quasi organiques et faisant de lui un véritable couturier du métal. Son esprit libre et précurseur fera de lui l’un créateur ayant marqué son époque d’une emprunte indélébile.
Portrait Mathieu Matégot

A DECOUVERTE DU METAL PERFORE

C’est lors de sa détention en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale que Mathieu Matégot imagine ce qui deviendra plus tard sa marque de fabrique : le métal perforé. Dès 1945, Il commence à développer une ligne de petit mobilier incluant, des ranges revues, des portes parapluies, des corbeilles ou bien des caches pots en utilisant de nouvelles techniques pour plier le métal qu’il développe lui même au sien de son propre atelier. Il répond parfaitement à la demande de la reconstruction d’après guerre : du mobilier économique, sans fioritures et léger en rupture avec le style ornementale et imposant des décennies précédentes. Il rencontre un vif un succès, ses créations apportant une certaine poésie à la décoration des intérieurs avec des formes aérienne encore jamais vues jusqu’ici. En 1954 il développe également la tôle Java, sorte de plaque de métal ondulée complétée de trou laissant passer la lumière dans le cadre de luminaire ou bien de laisser apparaitre le contenant pour des portes revues par exemple. Il finira par breveter son invention sous le nom de rigitulle le 14 février 1952 avec la description suivante : « Métal perforé en feuilles, notamment en feuilles ondulées, meubles divers, paniers métalliques, corbeilles métalliques. »

LES MATERIAUX

Si la tôle perforée est intimement liée à la renommée et au rayonnement de Mathieu Matégot, ce dernier utilise également d’autres matériaux dans la fabrication de son mobilier comme le rotin qui est sa seconde matière de prédilection après le métal, il l’utilise  d’ailleurs dès le milieu des années 30 dans le cadre du montage de ses décors de théâtre. Le rotin est dans l’air du temps pendant les années 50 car financièrement accessible et disponible en quantité importante. Matégot ne s’y trompe pas et l’associe régulièrement dans le cadre de fabrication d’objets courants à base de métal perforé comme des plateaux ou des portes bouteilles ainsi que dans une très rare version de sa chaise Nagasaki. Il travaille également le cuir, le bois, la tôle émaillée et même le verre via des plateaux de tables qu’il ira même jusqu’à graver. Ce n’est qu’à la toute fin des années 50 qu’il s’intéresse à des matériaux plus chics comme le laiton, succombant aux sirènes de la mode caractérisée alors par un certain embourgeoisement.

LA LUMIERE SELON MATEGOT

Les luminaires occupent une place clé dans l’ameublement des intérieurs français d’après-guerre. Ils doivent évidemment faire office d’éclairage mais la diffusion de la lumière est étudiée avec finesse et rien n’ai laissé au hasard. A l’instar de ses contemporains Serge Mouille et Michel Buffet, les lampes de Matégot ne dérogent pas à la règle et procurent une réelle atmosphère  dans la pièce qu’ils occupent. L’utilisation de la tôle Java ainsi que du rigitulle sur les abats jours permettent une diffusion de la lumière tout en poésie et en légèreté, une façon d’éclairer encore inédite dans les années 50. Les suspensions satellites constituées d’une coque ovoîde en rigitulle complétée d’un réflecteur en tôle d’acier plié en sont la parfaite manifestation. Il dessine également la lampe à poser Bagdad en 1954, composée de plusieurs facettes de tôle perforée laquée surmontée d’une petite boule en laiton, cette pièce fut éditée en très peu d’exemplaire ce qui lui permet d’atteindre des records en salle de vente (entre 15000Eur et 25000Eur), par ailleurs, il arrive régulièrement d’en voir passer sur certains sites d’enchère en ligne, ne vous méprenez pas, il s’agit à chaque fois de grossières copies malheureusement.

Suspension satellite Mathieu Matégot 1950 - Artenchères

LA TAPISSERIE COMME FIL CONDUCTEUR 

On connaît Matégot en tant qu’artisan du métal dont il fera l’éloge tout au long des années 50, néanmoins, la passion qui animera le créateur du début à la fin de sa carrière c’est la tapisserie. Il découvre cet art à la fin des années 40 par l’intermédiaire de Jean Lurçat avant de le mettre entre parenthèse la décennie suivante pour s’adonner à la fabrication de mobilier. Ayant fait le tour de ce qu’il pouvait proposer en terme d’ameublement, il retourne à ses premières amours dès le début des années 60 sous l’égide de Denise Majorel. Il fait preuve d’un grande maîtrise de la discipline et est reconnu par ses pairs jusque dans le milieu des années 70, période à laquelle la tapisserie tombe quelque en désuétude. Il continuera à s’adonner à cet art jusque dans les années 90, donnant naissance à quelques 629 tapisseries originales tout au long de sa carrière.

Tapisserie Santa Cruz Mathieu Matégot 1950 - Piasa

INTERVIEW DE PHILIPPE JOUSSE – GALERIE JOUSSE ENTREPRISE

Vous avez écrit et édité le premier catalogue raisonné sur Mathieu Matégot en 2003, à quand remonte votre première rétrospective sur ce créateur?

Nous avons réalisé notre première grande exposition sur Matégot à la Villa Noailles en 2002 mais nous avons commencé à collecter des pièces dès les années 80. Il nous a fallu un peu de temps avant de monter une exposition car les pièces maîtresses sont très rares, quelques fois fabriquées à moins de 10 exemplaires, il est donc assez difficile de réunir des séries complètes comme le salon Nagasaki ou Santiago par exemple. Nous avons exposé une seconde fois une sélection de mobilier de Matégot en 2012.

En quoi Matégot se différencie-t-il des autres designers de sa génération?

Il se singularise de ses contemporains à plus d’un titre, il débute en tant que peintre décorateur de théâtre et tapissier avant la seconde guerre mondiale et poursuit sa carrière dans la  production de mobilier pendant les années 50. C’est un esprit libre, qui s’occupera intégralement du processus de fabrication de ses créations, du dessin à la distribution en passant par la fabrication et la promotion. Son mobilier, pouvant être utilisé aussi bien  à l’intérieur qu’à l’extérieur est emprunt de poésie et d’une certaine légèreté conférée par la transparence de son métal perforé.

Suites aux différentes expositions et publications parues, pensez-vous qu’il est aujourd’hui plus facile de chiner des pièces de Matégot?

Les livres et catalogues peuvent effectivement faciliter l’identification des pièces, il n’en reste pas moins que certaines créations sont devenues introuvables car éditées à très peu d’exemplaire à l’origine comme ses salons de jardin ou bien ses luminaires. Par ailleurs, sa côte n’a cessé d’augmenter au fur et à mesure des années. En ce qui concerne le petit mobilier d’ameublement comme les portes parapluies ou les portes revues par exemple, les trouvailles sont encore possibles.

Quelles sont la ou les pièces que vous affectionnez le plus?

J’ai une faiblesse pour la chaise Nagasaki et ses lignes très organiques, l’ensemble Kyoto et les suspensions satellites dont le dessin est d’une rare élégance diffusant une lumière douce à travers le rigitulle, un rapport très intéressant entre l’ombre et la lumière.

CHINER DES PIÈCES DE MATEGOT

S’il peut apparaitre relativement aisé de chiner des pièces de Matégot étant donné le nombre important de ses créations au cours des années 50 notamment en terme de petit ameublement comme des plateaux, des caches pots, ou encore des portes revues, il y a quelques pièges à éviter. En effet, une grande majorité du mobilier en métal perforée attribuée à Mathieu Matégot sur le web n’est en réalité jamais sorti de ses ateliers, il faudra donc affiner votre œil en vous procurant les publications existantes sur son travail ainsi qu’en manipulant des pièces originales pour vous familiariser suffisamment pour ne pas vous faire duper. Il existe de nombreuses copies ou inspirations approximatives de Matégot sur le marché, néanmoins lorsque l’on s’attache aux détails, les soudures et les proportions sont très rarement de la même précision et de la même finesse que les créations originales. De plus si vous tombez sur une pièce que vous identifiez comme étant authentique et que le prix correspond peu ou prou à sa côté moyenne, veillez à bien vérifier que la peinture soit d’origine, en cas de revente, c’est un atout indéniable. Pour ce qui est du mobilier plus imposant comme les assises et les tables, ce sera un peu plus difficile car ce sont des pièces diffusées à très peu d’exemplaires en leur temps et qu’ il en reste donc quasiment plus sur le marché de la seconde main, d’autant que pour tout ce qui est mobilier de jardin, la corrosion aura souvent eu raison du métal.

LES REEDITIONS GUBI

Fondée en 1967 par le couple danois Gubi & Lisbeth Olsen, la maison GUBI réédite une sélection de meubles et d’objets de Mathieu Matégot depuis quelques années maintenant. Au catalogue de Gubi vous trouverez : la chaise et le tabouret Nagasaki, la table Kangourou, les étagères Dédal, une desserte sur roulettes, une table d’appoint en verre fumé, l’étagère Demon, un porte manteau, ainsi que le fauteuil et la table basse Copacabana. Les célèbres suspensions satellites en rigitulle sont également prévues et déjà référencées chez les distributeurs, cependant, la production est retardée car le résultat des premiers prototypes n’est pas satisfaisant. Cela met une fois de plus en avant l’inventivité et l’aspect précurseur du travail de Matégot car 70 ans plus tard, alors que les techniques de fabrication ont considérablement évolué, Gubi ne parvient pas à maitriser le rigitulle. Au niveau des tarifs, nous sommes bien entendu à des niveaux de prix beaucoup plus abordables que des pièces originales mais avec un intérêt bien moindre, comme pour toute réédition, la patine étant absente tout comme le côté historique de l’objet. Ce qui peut apparaitre un bon compromis, comme par exemple l’achat d’une étagère Dédal neuve chez l’éditeur danois au prix de 290Eur (contre 800Eur à 1200Eur en moyenne pour une édition originale) se révèle souvent être une erreur car on s’en lasse très vite et le prix à la revente diminue au moins de moitié par rapport au prix retail. Je ne saurais que trop vous conseiller de vous armer de patience afin de prendre le temps de dénicher une version d’époque pour un budget raisonnable.

BIBLIOGRAPHIE

Mathieu Matégot – Philippe Jousse et Caroline Mondineau – Edition : Galerie Jousse Entreprise – 2003

Mathieu Matégot – Patrick Favardin et Galerie Matthieu Richard – Edition : Norma – 2014

Crédit photo : Galerie Matthieu Richard, Artcurial, Piasa, Cornette de St Cyr, Tajan, Aguttes, Leclere MDV, Wright Auction.

EXPO « LE CORBUSIER AND HIS ASSOCIATES » @ MAGEN H GALLERY – NEW YORK

Publié le

Expo Le Corbusier x Gallery Magen H NYC 1

La Galerie Magen H et Gérald Moreau s’associent afin de nous présenter une exposition d’œuvres de Le Corbusier (1887-1965), accompagnée d’un catalogue d’exposition. Intitulé « Le Corbusier and His Associates », cette rétrospective est constituée de plus de 40 pièces de son mobilier emblématique et de ses éléments d’aménagement d’intérieur issus de ses projets d’urbanisme et de ses commandes en France et en Inde au XXe siècle.

Le Corbusier (né en suisse sous le nom de Charles-Edouard Jeanneret) fut l’architecte et l’urbaniste le plus influent du XXe siècle. Engagé dans le développement de conditions de vie plus simples et plus efficaces, Le Corbusier fut l’un des pionniers de l’architecture moderne et encouragea de nouveaux principes d’aménagement.

Après les dégâts considérables survenus en France après la guerre, Le Corbusier était déterminé à réhabiliter la société dans le but de créer davantage d’espaces intérieurs et extérieurs pour les résidents. En 1945, il obtint sa première commande de l’Etat français pour un nouveau grand projet de logement appelé Unité d’Habitation à Marseille. Ce projet a permis à Le Corbusier de manifester pleinement ses conceptions et d’intégrer ses idées sur la vie moderne. Ce bâtiment est sans doute devenu l’un des projets à grande échelle les plus importants et les plus inspirants de Le Corbusier.
Suite aux succès de ces commandes, la ville de Chandigarh en Inde lui confie le rôle de principal urbaniste dans l’espoir de reconstruire la ville à partir de rien après la partition de l’Inde en 1947. Parmi ses projets, citons la Haute Cour, le Secrétariat, l’Assemblée, ainsi que d’autres aménagements intérieurs et urbains dans toute la ville. Pendant ce temps et tout au long de sa carrière, Le Corbusier a travaillé avec des collaborateurs et des collaboratrices, tels que Pierre Jeanneret, Charlotte Perriand et Giani Rattan Singh, qui ont contribué à la réalisation de ses projets et de son mobilier, dont certains sont présentés dans l’exposition.

Le Corbusier était et reste une figure influente de l’architecture moderne. Largement salué comme un visionnaire avec des conceptions urbaines imaginatives et une utilisation unique de l’espace, il a été capable de transformer radicalement la compréhension de notre société moderne. En organisant une sélection de meubles et de d’aménagements d’intérieurs significatifs de Le Corbusier et de ses collaborateurs issus de ses projets en France et en Inde, l’exposition met en lumière l’héritage de ses convictions sur la modernité, à la fois dans l’architecture et le mode de vie. Communiqué de presse via Magen H Gallery.

GALERIE PATRICK SEGUIN – FEVRIER 2019

Patrick Seguin x The good old dayz 1

Pour tout demande d’informations, n’hésitez pas à contacter la Galerie Patrick Séguin.

VENTE DESIGN @ AGUTTES – 12 Février 2019

VENTE DESIGN AGUTTES 2019 1

Toutes les infos sur le site d’Aguttes.

BIO : FLORENCE KNOLL (1917-2019)

Knoll est certainement l’éditeur de mobilier le plus emblématique depuis l’après-guerre. Quelques-unes des plus grandes icônes du design du XXème siècle sont sorties de ses usines comme la chaise tulipe d’Eero Saarinen, le fauteuil wassily de Marcel Breuer ou bien les assises sculpturales en fil d’acier d’Harry Bertoia. Derrière cette réussite, un couple mais surtout une femme : Florence Knoll (1917), qui vient de s’éteindre à 101 ans, révolutionna la notion de mobilier mais également d’aménagement avec ses idées novatrices alliant le talent des plus grands créateurs modernistes aux dernières technologies de production. L’équilibre parfait entre l’art et l’industrie, entre la fonction et l’esthétique.

Naissance de l’architecture d’intérieur

Hans Knoll (1914-1955) fonde sa société en 1938 et rencontre Florence Schust en 1941 avant de l’épouser 5 ans plus tard. Dès le début des années 40, ils souhaitent développer l’ameublement moderne aux Etats Unis et pour se faire, décident d’engager les meilleurs designers de l’époque : Jen Risom, Eero Saarinen, Isamu Noguchi, Mies Van Der Rohe ou encore Charles Pollock. Le résultat est immédiat car Florence Knoll développe en parallèle la notion d’architecture d’intérieur en proposant des solutions complètes à ses clients via des plans d’aménagements, la création de leur propre tissu d’ameublement « Knoll Textill » ainsi que l’ouverture de showrooms dans les plus grandes villes américaines ainsi qu’à Paris.

Le mobilier Florence Knoll

Non contente d’être la directrice artistique du plus célèbre éditeur de mobilier américain d’après-guerre, Florence Knoll commence à dessiner elle-même du mobilier dès 1945, notamment ses premières enfilades à portes coulissantes en raphia et poignées en cuir. Elle propose par la suite, au milieu des années 50, sa ligne « parallel bar » et sa série « T angle » composées d’assises et de tables, toutes ces pièces ayant pour point commun des lignes simples et sans fioritures alliant fonctionnalité et modernisme, le style Florence Knoll. Nul besoin de reconnaissance ou bien  de rejoindre les illustres créateurs de son écurie, l’idée étant seulement de répondre à un besoin en terme d’aménagement lorsqu’elle ne trouve pas ce qu’elle cherche dans son catalogue ou bien auprès des designers de la marque. Ses pièces sont toujours distribuées par Knoll aujourd’hui même si les lignes ont évolué et que les modèles diffèrent des créations originales afin de s’adapter aux époques. Pour une paire de fauteuils parallel bar dans un bon état d’origine, il faut compter entre 1500EUR et 2500EUR, les versions actuelles étant distribuées dans un tarif avoisinant les 5000EUR la pièce. Les tables basses et petites tables d’appoints quant à elle, se chinent à partir de 150EUR, les versions à plateau marbre étant les plus chères et les plus prisées. Pour une enfilade avec porte en raphia, les prix s’échelonnent entre 1800EUR et 3000EUR en fonction de l’état de conservation.

Le mobilier en fil d’acier

Si le banc composé de 2 piètements métalliques en « Y » surmonté de latte de bois est la première création issue de la collaboration entre Harry Bertoia (1915-1978) et le couple Knoll en 1952, c’est bien avec ses assises en fils d’acier que le sculpteur et designer italien obtient sa renommée internationale. Dès la sortie de ses chaises « wire » et de ses fauteuils diamant, entièrement façonnés à la main pour les premières versions, le succès est immédiat. Alliant pureté et légèreté, les créations de Bertoia détonnent avec ce qui se fait à l’époque, ce qui ne les empêchent de rapidement trouver la voix de la production en série. Toujours en production actuellement, le prix d’un fauteuil diamant neuf est de 2200EUR quant la côte d’une version originale s’évalue à 700EUR. Avis aux chineurs, veillez à bien vérifier l’état des soudures avant tout achat, tout spécialement sur les bords des chaises et à la base des dossiers, c’est le petite point faible des versions très anciennes.

Une dizaine d’années plus tard, en 1966, c »est l’architecte américain Warren Platner (1919) qui propose une ligne de mobilier sculpturale très chic en fils d’acier cintrés, cette nouvelle technique de fabrication permettant à Platner de compléter son offre avec des tables basses, des guéridons et des tables à manger, là où son collègue Bertoia s’était arrêté aux assises. La relative complexité dans la fabrication de ces pièces ne freine pas leur succès, néanmoins, le coût s’en ressent clairement, encore aujourd’hui. Il faut compter presque 8000EUR pour un grand fauteuil neuf et un peu moins de la moitié pour une version originale, l’avantage étant la casi absence de copies sur ces modèles ou alors des contrefaçons flagrantes. Notez que toute la gamme se décline en 2 finitions : bronze métallique peint ou bien nickel brillant verni.

La chaise tulipe en 1957

Si l’on devait résumer l’aventure Knoll en une seule pièce, ce serait surement celle-la. Florence Knoll rencontre Eero Saarinen (1910-1961), au même titre qu’Harry bertoia d’ailleurs, lors des ses études à l’institut Cranbrook dirigé par le propre père de Saarinen. Le créateur américain d’origine finlandaise travaille déjà depuis quelques années avec le couple Knoll lorsqu’il décide de créer toute une gamme de mobilier doté exclusivement d’un piètement centrale afin d’alléger les intérieurs, chose qui n’existait pas encore dans les années 50. C’est ainsi que la chaise tulipe est née composé d’un piètement centrale en fonte d’aluminium recouvert de rislan assurant une bonne stabilité grâce au poids surmonté d’une coque en fibre de verre moulée et renforcée. Elle peut être pivotante et accueille une galette de mousse alvéolé recouverte d’un lainage. On assiste alors à une petite révolution dans le monde du design américain et la chaise tulipe devient vite un best-seller qui ne se dément toujours pas de nos jours, les clients la voient comme une création futuriste dont la forme et le piètement sont entièrement pensés pour faciliter la vie quotidienne de son utilisateur. Encore une fois, Knoll tape dans le mille. Toujours au catalogue, une chaise de Saarinen est affichée à 1300EUR, une version ancienne peut se trouver pour 400EUR.

Marcel Breuer et son fauteuil wassily

On peut considérer que le célèbre fauteuil wassily a eu 3 vies depuis sa création par l’hongrois Marcel Breur (1902-1981) en 1925. En effet, il est tout d’abord édité entre 1925 et 1960 chez Thonet avant de passer sous licence Gavina SPA jusqu’en 1968, date à laquelle l’éditeur italien est racheté par Knoll qui produit cette assise en continu depuis. ll devient très vite un classique de la marque car il répond parfaitement à 2 grandes exigences du fabricant américain : des lignes modernistes et intemporelles alliées à un montage se prêtant parfaitement à la fabrication en série. Nommé wassily en hommage au peindre Kandinsky, ce fauteuil est constitué d’un armature tubulaire héritée du mouvement Bauhaus complétée d’une assise, d’un dossier et d’accoudoirs en croûte de cuir. Première création officielle de Breuer, le wassily est victime de son succès et n’a malheureusement pas échappé à la contrefaçon, pour vous éviter toute mésaventure, sachez que les éditions Knoll sont gravées du logo de l’éditeur ainsi que d’un numéro de série sur l’armature, et que le montage ne doit laisser apparaitre aucune visserie. Un modèle neuf vous coutera autour de 2100EUR quand une version d’époque, à partir de 1968 trouvera preneur pour 600Eur en moyenne.

Le culbuto ou l’exception française.

C’est la seule création d’un designer français à avoir été éditée par knoll à ce jour. Le projet de culbuto nait dans l’imaginaire de Marc Held (1932) en 1967 et prendra 4 ans avant d’être édité, le créateur devant revoir sa copie plusieurs fois. S’inspirant du fauteuil œuf du danois Arne Jacobsen, le français souhaite créer un fauteuil à bascule dépourvu de pied. Lors de sa présentation chez Knoll à sa sortie, c’est la douche froide, les responsables de Knoll France refusent le projet, trop éloignée de l’esprit de la maison. Heureusement, Florence Knoll, de passage sur la capitale, l’essaye et l’adopte ! Relatif échec commercial à sa sortie, c’est un fauteuil qui jouit d’une grosse côte d’amour aujourd’hui, comptez 3500EUR pour un petit modèle et 5000EUR pour la version haut dossier. En collaboration avec sa fille Marion, Marc Held réédite 12 exemplaires fidèles à son prototype dit « primo culbuto » en 2013, ces versions sont dotées d’accoudoirs plus fins que les modèles classiques ainsi que d’un dossier beaucoup plus large en forme de pétale. Commercialisées 12000EUR à leur sortie il y 4 ans, ces versions sont introuvables aujourd’hui et ont surement dû atterrir dans des collections privées qu’elles ne sont pas prêtes de quitter.

Edition ancienne ou réédition?

Devant la multiplication des rééditions, la question qui revient souvent est : faut-il privilégier une pièce ancienne ou bien céder aux sirènes de du meuble neuve. Au delà de l’intérêt évident de posséder une pièce historique avec une histoire et une patine, il y a des arguments beaucoup plus pragmatiques à considérer lorsque que vous choisissez d’acquérir du mobilier édité par Knoll. Niveau tarif pour commencer, à part quelques rares exceptions, une pièce vintage vous coutera en générale entre un tiers et la moitié du prix neuf. Ensuite, la disponibilité, les délais de fabrication dans le neuf se situent autour de 8 semaines, jusqu’à 12 pour certains meubles. Pour finir, pour une table d’Eero Saarinen avec un plateau en marbre par exemple, vous avez l’avantage de voir le plateau et donc d’apprécier la qualité du veinage dans le cadre d’un achat d’occasion, ce sera la surprise si vous passez commande directement chez l’éditeur.

Les contrefaçons

Tout comme dans la mode, le mobilier de luxe attire nombre de faussaires et Knoll n’en est pas exempt. Pour ce qui est du neuf, vous trouverez plus de site proposant des contrefaçons que l’inverse sur le web donc privilégiez les adresses ayant pignon sur rue et en cas de doute si le tarif est inférieur de plus de 15% du prix couramment constaté et bien passez votre chemin. Dans l’ancien, c’est beaucoup plus compliqué, les versions les moins tardives sont parfois estampillées comme la chauffeuse barcelona qui possède une gravure du nom de l’éditeur sur son piètement depuis une vingtaine d’années. Pour les chaises tulipes, la majorité possède la dénomination « Knoll International » embossé dans la fonte sous le pied, dans le cas contraire, c’est à votre oeil qu’il faudra vous fier en vérifiant que les matériaux correspondent à l’original et que le coussin de la galette est bien alvéolé s’il est toujours présent et n’a pas été refait. D’une façon générale, même s’il est très ancien, n’oubliez pas qu’il s’agit de mobilier de luxe donc méfiez des trops bonnes affaires et des vendeurs qui font semblant de ne pas savoir ce qu’ils vendent en proposant des prix « entre 2 » semant le trouble chez l’acheteur.

A lire :

Knoll Design – Eric Larrabée et Massimo Vignelli – Harry N. Abrams 1981

Marcel Breuer : Furniture & Interiors – Christopher Wilk – Museum of Modern Art  1985

Marc Held : Du design à l’architecture – Eric Germain – Norma 2009

Knoll – Brian Lutz – Editions du Chêne 2010

Eero Saarinen : Furniture for Everyman – Brian Lutz – Pointed Leaf Press 2012

The Life and Work of Harry Bertoia – Celia Bertoia – Schiffer Publishing LTD 2015

7. Chauffeuse barcelona - Mies van Der Rohe - Knoll 1929