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Bio : JOE COLOMBO (1930-1971)

Joe-Colombo
Tour à tour peintre, architecte, designer industriel et inventeur, Joe Colombo (1930-1971) n’eut de cesse de créer et de surprendre dans un souci permanent d’améliorer et de faciliter notre quotidien. La notion de modularité le guida tout au long de sa carrière qui s’acheva brutalement à l’aube de ses 41 ans certainement à cause d’une vie menée tambour battant faisant de lui l’un des créateurs italiens les plus influents de sa génération. Il créa pour les plus grands éditeurs italiens à partir du début des années 60 lorsque qu’il décide d’entamer sa carrière de designer industriel, que ce soit du mobilier pour Zanotta et Flexform, ou des luminaires pour Kartell et Oluce entre autres. Toujours dans le but de simplifier la vie quotidienne, il s’attela, pendant la seconde moitié moitié des années 60 et en parallèle de son activité de designer, à la fabrication d’unités d’habitation multi-fonctionnelles dans la lignée des « casiers standards » de Le corbusier en 1920. Son âme de précurseur se manifesta également à travers l’utilisation de matériaux innovant que l’on découvre avec la chaise universale pour Kartell en 1967, la première assise pour adulte utilisant le plastique ABS moulé par injection, ainsi qu’avec le fauteuil Elda dont la coque est constituée de fibre de verre renforcée de plastique. Ce créateur futuriste marqua de son emprunte indélébile les 2 décennies de sa trop courte carrière, que ce soit en terme d’innovation que de dynamisme. Il mis à profit aussi bien l’artisanat italien que de grands éditeurs afin de produire des pièces au plus prêt de ses exigences, un personnage à part ainsi qu’un des meilleurs représentants du design utopique des années 60.
 
Les luminaires
 
Entre Joe Colombo et les luminaires, c’est une grande histoire d’amour qui débute en 1962 avec la lampe Acrilica qu’il dessine à quatre mains avec son frère Gianni Colombo (1937-1983) chez l’éditeur Oluce où il occupera d’ailleurs le poste de directeur artistique jusqu’en 1968 sous l’égide de Giuseppe Ostuni. L’Acrilica marque l’arrivée de Colombo en tant que designer dans le paysage milanais, et par la grande  porte puisqu’elle lui permet de remporter la médaille d’or à la XIIIème Triennalle de Milan en 1964. Cette lampe est composée d’un convecteur en plexiglas en forme de C complété d’une base en métal laqué contenant un tube néon permettant la projection de lumière, un modèle originale s’échangeant autour de 2500eur quand une rééddition est vendue 1800eur chez Oluce. Chez le même éditeur il produit également les célèbres lampes spider et coupé en 1967, pour lesquelles il sera gratifié de 2 prix : le Compasso de Oro et l’International Design Award. Ces modèles sont déclinés en plusieurs versions :  lampe de table, lampadaire, plafonnier, applique mural ou lampe à étau, elles reflètent parfaitement la recherche de la multi-fonctionnalité, chère à Joe Colombo, permettant de nombreuses variations de l’éclairage. Côté budget, les prix s’étalent entre 200eur et plus de 1000eur en fonction des versions et des coloris, les plus recherchées étant les bleues et les jaunes sachant que les blanc et les noirs sont rééditées.
A la même période, le designer milanais collabore avec l’enseigne Kartell et imagine une série de lampes à base de plastique dont les modèles KD24, KD27 et KD29, si les 2 dernières furent les plus répandues, la KD24 se distingue par une production plus faible ainsi qu’un système permettant de faire varier la diffusion de la lumière et d’obtenir un effet plus ou moins tamisé. Ces lampes à poser furent éditées peu de temps dans plusieurs couleurs, les prix variants en fonction de leur rareté, comptez entre 200eur et 600eur pour an ecquérir une pièce, le haut de la côté concernant les vertes, les jaunes et les violettes principalement. Notez que les KD27 et KD29 furent produites quelques temps en Australie dans des versions ayant l’abat-jour inférieur transparent avec une petit tirette reliée à la douille en guise d’interrupteur.
En 1970, il se rapproche de Stilnovo pour éditer sa lampe Topo qui peut être placée dans toutes les positions grâce à ses bras articulés ainsi que sa rotule multi-directionnelle sous l’abat-jour. La topo fut déclinée en lampe à poser, en aggraffe, en lampadaire ainsi qu’une version mini. Le prix d’une version ancienne s’évalue entre 150eur et 400eur.
LAMPE SHU JOE COLOMBO
Fauteuil Elda
 
C’est en 1963 que Joe Colombo imagine son célèbre fauteuil Elda, qu’il nommera ainsi en hommage à sa femme dont c’était le prénom. Produit par la société italienne Comfort seulement à partir de 1965, il s’agit du premier fauteuil de cette envergure à utiliser la fibre de verre renforcée de plastique, il s’inspire d’ailleurs des coques de bateau pour réalisé son imposante coque pivotante qu’il complètera de 7 coussins en cuir rembourrés conférant à cette assise une silhouette toute en rondeurs. Révolutionnaire en son temps, le fauteuil Elda offre un comfort et un plaisir d’assise incomparable, véritable « pièce dans la pièce », son dossier arrondi permet réellement de s’isoler du bruit environnant. Exposé au Musée d’Art Moderne à new-York (MOMA) ainsi qu’au Musée des Arts Décoratifs à Paris, ce fauteuil avant-gardiste fut mis à contributions dans plusieurs films et série pour son caractère futuriste et iconique, il apparait ainsi de façon récurrente dans la série d’anticipation « Cosmos 1999 » de Gerry et Sylvia Anderson entre 1975 et 1978, dans le film Hibernatus d’Edouard Molinaro en 1969, il accueil Benoit Poelvoorde pendant les 48 épisodes de la série télévisée belge « Les carnets de Mr Manatane » entre 1997 et 1998, et plus récemment il trône dans le premier tom du Blockbuster « Hunger Games » de Gary Ross au côté de Woody Harrelson. Une création de Colombo qui n’a pas pris une ride malgré les années et qui est aujourd’hui rééditée par la société Longhi en Italie avec une coque constituée de polyuréthane préformé. Pour une version originale, à la quelle il faudra préférer un cuir d’origine, il faudra débourser entre 4500eur et 6000eur pour un exemplaire en bel état dont la coque en fibre de verre n’a pas trop souffert avec un cuir bénéficiant d’une belle patine.
joe colombo elda
 
Le mobilier modulable
Parmi les plus beaux exemples de mobilier modulable produit par Joe Colombo, le meuble de rangement ou chariot Boby pour Bieffeplast et le sculpturale fauteuil tube pour Flexform sont très représentatifs. Tous 2 dessinés en 1969, le premier était principalement destiné aux architectes à l’origine, même si un usage domestique le démocratisera par la suite, ce petit meuble de rangement en plastique ABS injecté et monté sur roulettes possède des plateaux pivotant permettant un gain de place évidant et complète parfaitement une table à dessin ou un bureau. C’est un grand classique de Colombo qui fut édité en 3 tailles à des milliers d’exemplaires et donc assez rependu sur le marché de l’occasion, il vous en coutera pas loin de 150eur pour un exemplaire en bon état sans fêlure dans un coloris basic (noir ou blanc), comptez une centaine d’euros supplémentaire pour une couleur moins courante comme le jaune ou le vert. Notez qu’il est réédité aujourd’hui par la firme B Line au prix de 350eur, raison de plus pour privilégier une version d’époque. Le fauteuil tube quand à lui fut très vite hissé au rend d’icône du fait de son côté atypique, composé de 4 cylindres de différentes tailles pouvant être combinés via des joints d’assemblage en acier permettant de multiples combinaisons. On peut ainsi passer du petit fauteuil au la chaise longue ou bien à la version haut dossier avec quelques manipulations, le tout pouvant s’insérer les uns dans les uatres afin de tenir dans un sacs en toile jute prévu à cet effet. Niveau modularité, simplicité et rangement on n’a rarement fait plus bouti, cela résume assez les recherches de Joe Colombo pour le confort et la praticité était primordiales, même au détriment de la ligne (ce qui n’est pas le cas ici). C’est un principe qu’il développe lorsqu’il s’attèle à ses unités mobile d’habitation futuriste et qu’il développe l’idée d’anti design.
TOBU CHAIR JOE COLOMBO
 
La chaise Universalle
 
Initialement prévue pour être fabriqué en aluminium, elle fut finalement la première chaise pour adulte éditée en plastique ABS moulé par injection sous l’impulsion de la société italienne Kartell, véritable pionnière dans ce domaine. Dessinée par Joe Colombo en 1965, elle n’est disponible au grand public qu’à partir de l’automne 1967 suite à quelques soucis de productions dans la fabrication du moule à injection. La chaise universale est empilable par 3 et dispose de pieds démontable, l’idée originale étant de pouvoir varier les piètement pour des usage différents en fonction des besoins : chaises de bar, assise pour enfant, école, salle à manger, hôtel… bref un modèle pouvant être décliné à l’infini, une preuve supplémentaire du travail évidemment précurseur de Colombo. Cette icône de la période space-age et des aficionados de mobilier plastique est assez courante sur le marché de la seconde main,  vous pouvez en faire l’acquisition pour un prix se situant entre 50eur et 100eur en fonction de l’état. Notez qu’à l’époque, une version avec accoudoir fut développé mais elle resta malheureusement à l’état de prototype.
 
JOE COLOMBO UNIVERSALE CHAIR KARTELL
 
Les unités d’habitation fonctionnelles
 
Joe Colombo se consacre à la fabrication d’unités fonctionnelles à la fin de sa carrière, un projet qu’il avait déjà amorcé plus tôt en tant qu’architecte d’intérieur ainsi que dans l’aménagement de boutiques. C’est à ce moment là qu’il développe son idée d’Anti Design, estimant que « pour le designer, la relation entre l’habitation et le mobilier se fait toujours aux dépens de ce dernier », c’est ne quelque sorte l’aboutissement de ses recherches, il s’attache à oeuvre sa vision de l’habitat moderne et il en résulte des des cellules d’habitation individuelles futuristes et multi fonctionnelles destinées à faciliter la vie quotidienne, chaque pouvant se combiner aux autres pour former un appartement complet, il multiplie les rangements escamotables, les portes coulissantes et les systèmes tout intégrés. Le monde découvre un l’aboutissement de son travail amorcé sur le mobilier flexible et modulaire. Il tente de répondre de répondre au plus prêt aux besoins de ses contemporains, c’est ainsi qu’en 1968 la société Bayer demande à Colombo la conception d’un habitat futuriste pour la foire du meuble de Cologne : Interzum 1969 – Visiona 1. C’est son projet le plus aboutie ou il a pu exprimé nombreuses de ses expérimentations que ce soit en terme d’aménagement  mais également au niveau électronique avec les prémices de la domotique via un téléviseur intégré et un dispositif central de commande. Son habitat futuriste « Visiona 1 » fut par la suite présenté dans plusieurs autres villes européennes, plus qu’un designer Joe Colombo était un réel visionnaire, nulle doute que son travail résonne encore aujourd’hui chez de nombreux architectes avant-gardistes.
Joe Colombo Visiona 1969
Bibliographie :
Joe Colombo – Vittorio Fagone et Ignazia Favata – Minimum Design – 2011
Joe Colombo : Inventing the futur – Les Arts Décoratifs – Vitra Design Museum – 2005
Joe Colombo and Italian design of the sixties – Ignazia Favata – MIT Press – 1988
I Colombo – Joe Colombo 1930-1971/Gianni Colombo1937-1993 – Vittorio Fagone Mazotta – 1995
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REPORT PHOTO @ PAD PARIS 2018

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Événement fondateur pour les amateurs et collectionneurs internationaux d’Art et de Design, le PAD réinvente depuis 22 ans le cabinet d’amateur et l’éclectisme, discernant les aspirations esthétiques et plastiques de son époque pour offrir un écrin intimiste à ceux qui, par héritage et par passion, ont élu les Arts Décoratifs et le Design comme le cœur de leur collection.

Chaque édition évolue pour faire naître des dialogues inédits entre l’Art Moderne, le Design Historique et Contemporain, les Bijoux, les Arts Premiers, et affirmer une personnalité et un point de vue unique de l’Art de Vivre et de Collectionner. Le magnétisme du PAD, c’est l’invitation à pénétrer dans une collection personnelle, conçue par une sélection de marchands français et internationaux, tous plus pertinents dans leurs domaines, pour s’adresser à chaque collectionneur passionné venu du monde entier.

Le PAD propose un parcours exceptionnel du Beau, une résonance stimulante entre les oeuvres mais également entre les spécialités et les personnalités des marchands. Un véritable Salon où l’oeil est sans cesse en alerte, les esprits toujours éveillés, le lieu où se révèle et se construit le goût contemporain pour les Arts Décoratifs des XXème et XXIème siècles.

PRIX SPECIAL DU JURY ATTRIBUE A LA GALERIE WA

PAD PARIS 2018 x The Good Old Dayz 1

GALERIE ALEXANDRE GUILLEMAIN

PAD PARIS 2018 x The Good Old Dayz 10

GALERIE JOUSSE

PAD PARIS 2018 x The Good Old Dayz 13

DAMIEN TISON

PAD PARIS 2018 x The Good Old Dayz 19

GALERIE MEUBLES ET LUMIERES

PAD PARIS 2018 x The Good Old Dayz 26

GALERIE MATHIEU RICHARD

PAD PARIS 2018 x The Good Old Dayz 27

GALERIE KREO

PAD PARIS 2018 x The Good Old Dayz 30

VINYL RECORD DESIGN

 

SUSPENSION A338 « BILBERRY » – ALVAR AALTO – FINN FORM circa 1950

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SUSPENSION A338 BILBERRY - ALVAR AALTO - FINN FORM circa 1950

Disponible chez JACKSONS

EXPO « VERRE LUMIERE EDITION » @ GALERIE MEUBLES ET LUMIERES – du 08/03 au 28/04

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Photo_ensemble_luminaires_Verre_Lumiere - copie

La Galerie Meubles et Lumières a le plaisir de vous présenter cette exposition sur l’éditeur Verre Lumière, comprenant une quarantaine de modèles différents, fruit de nombreuses années de recherches. Verre Lumière est une société française créée en 1968 par le maître verrier Max Ingrand (ancien directeur artistique de Fontana Arte de 1954 à 1967), la société Mazda (filiale de Thomson) et la compagnie Saint-Gobain (forte de sa longue expertise dans la fabrication du verre).

C’est le designer Ben Swildens, déjà célèbre pour sa lampe œuf éditée par Fontana Arte, qui est promu directeur artistique de la nouvelle société. Tandis que la direction commerciale de Verre Lumière est confiée à un homme clé de l’aventure, Jacques Vidal, avec lequel Max Ingrand avait collaboré 15 ans auparavant pendant la construction du paquebot France. Ce chantier, symbole du luxe français, était sûrement le signe annonciateur de la naissance de Verre Lumière, qui alliera le savoir faire artisanal français à la modernité de ses designers, représentant ainsi la quintessence de la création française qui rayonnera dans le monde entier jusque dans les années 80.

La mission de l’entreprise est la création – fabrication d’éclairage contemporain souvent sur-mesure. De par sa formation, Max Ingrand privilégie l’utilisation du verre dans ses réalisations. Pour exemple sa célèbre lampe en verre opalin (modèle 1853) créée en 1954 et initialement éditée par Fontana Arte puis distribuée par Verre Lumière. La spécificité technique de ce matériau confère une diffusion douce et homogène de la lumière. Cette opaline sera une des signatures de Verre Lumière, souvent associée à l’acier inoxydable, l’aluminium, et le laiton.

Un des aspects du travail de Verre Lumière est de concevoir, en étroite collaboration avec les architectes, des projets d’éclairage spectaculaires, adaptés à la spécificité des lieux créés, dans une vision d’unité de l’architecture et de la lumière. La société collaborera avec tous les grands noms de l’architecture de l’époque au travers de chantiers prestigieux en France (Siège social de Peugeot à Paris, éclairages de l’école Polytechnique de Palaiseau, siège et agences de la banque Rothschild, La Grande Motte etc…). Mais également dans le monde entier, comme le palais du Shah d’Iran (Sabine Charoy), l’ambassade de France au Brésil à Brasilia (Michel Boyer), l’hôtel Cosmos en Russie. Cette étroite collaboration entre designers et architectes au sein de Verre Lumière a aussi permis l’élaboration de collections de luminaires haut de gamme de formes contemporaines – lampes, lampadaires, appliques et suspensions – proposées à ces mêmes architectes mais aussi distribuées et vendues en petites séries au sein de son magasin emblématique du Faubourg Saint-Honoré, conçu par Ben Swildens, ainsi que par un réseau de quelques enseignes reconnues. Ce sont ces luminaires exclusifs et rares que la galerie Meubles et Lumières réunit ici pour la première fois.

Parmi les pièces exposées, les lampes et lampadaires de Michel Mortier en métal laqué et verre opalin, celles de Max Ingrand en laiton, ou encore les lampes écran de Michel Boyer, partagent la même élégance moderne dans la sobriété des lignes. La lampe « paravent » de Jean-Pierre Vitrac, la lampe à système de Pierre Soulié et l’extraordinaire lampadaire articulé en métal chromé conçu par Ben Swildens pour le showroom Peugeot de l’avenue de la Grande-Armée, ajoutent une grande ingéniosité technique. En somme le luxe chez Verre Lumière s’incarne dans une parfaite maitrise d’exécution et un choix de matériaux de grande qualité. Il s’inscrit aussi dans cette vision futuriste propre à la décennie 1970.

Texte et photos via Galerie Meubles et Lumières

LAMPE 2072 PAR GINO SARFATTI – ARTELUCE 1953

APPLIQUE 2072 - GINO SARFATTI - ARTELUCE 1953

APPLIQUE A 4 BRAS – ROBERT MATHIEU 1955

APPLIQUE A 4 BRAS - ROBERT MATHIEU 1955

LAMPE BRONTES – CINI BOERI – ARTEMIDE 1982

LAMPE BRONTES - CINI BOERI - ARTEMIDE 1982