Flux RSS

Archives de Tag: pierre paulin

BIO : PIERRE PAULIN (1927-2009)

Paulin_Pierre

Parmi les créateurs de mobilier français d’après-guerre, un nom s’impose : Pierre Paulin (1927-2009). Pourtant, si son talent et son influence sur l’habitat moderne sont aujourd’hui incontestablement reconnus, il aura fallu attendre l’année 1983 pour qu’une première exposition lui soit consacrée au musée des Arts Décoratifs, à Paris. Trente ans plus tôt, en 1953, au Salon des Arts Ménagers, le designer expose un mobilier fonctionnel destiné aux logements collectifs. Il est alors repéré par la firme Thonet et par le fabricant de mobilier Meubles TV qui commencent à l’éditer. Passage ensuite chez les Hollandais d’Artifort à partir de 1960, pour une quinzaine d’années de fructueuse collaboration. Pierre Paulin y imagine des pièces révolutionnaires pour leur époque, tant au niveau des matériaux utilisés, des lignes, que des techniques de fabrication. Des modèles devenus aujourd’hui iconiques.

De l’école Camondo au Salon des Arts ménagers

En 1949, le jeune Paulin est victime d’un accident au bras droit. Obligé d’interrompre une carrière de sculpteur à laquelle il se destinait, il intègre l’école Camondo pour apprendre le dessin. Son professeur Maxime Old (1910-1991), célèbre décorateur français, le repère et l’encourage à rejoindre le giron d’un autre enseignant, Marcel Gascoin (1907-1986), maître du mobilier de reconstruction. Pierre Paulin y retrouve les futurs «modernistes», Pierre Guariche, Joseph-André Motte ou encore Michel Mortier, dont les créations, empreintes de rigueur, d’élégance et de nouveauté, marqueront leur époque. Lors du salon des Arts Ménagers de 1953, Paulin expose un mobilier inspiré par l’esthétique nordique, découvert en Suède lors d’un récent voyage. Épurées, compactes et fonctionnelles, ses pièces ont pour objectif de plaire au plus grand nombre et de s’insérer dans de petits espaces, caractéristiques des appartements d’après-guerre. Il rencontre un grand succès qui lui vaut la couverture de la revue Maison Française. Cette soudaine, mais justifiée, notoriété, conduit tout droit Pierre Paulin chez Thonet, le célèbre fabriquant de la chaise de bistrot en bois courbé.

PIERRE PAULIN CM196 THONET

L’apprentissage chez Thonet

La société Thonet édite les premiers meubles en série de Pierre Paulin : le bureau CM178, la chaise CM196, ou encore la célèbre chauffeuse CM190. Ce mobilier aux lignes minimalistes et au design fonctionnel est avant tout, destiné aux collectivités. Mais il se retrouvera également dans des habitations résidentielles. Paulin utilise et teste toutes les nouvelles techniques de fabrication et les nouveaux matériaux mis à sa disposition : le contre-plaqué moulé, notamment pour les assises, et le formica que l’on retrouve sur certains de ses bureaux. En 1955, il dessine le fauteuil CM194 qui utilise un tissu «élastique» inédit, type jersey, pour le recouvrement et qui préfigure déjà la production de la prochaine décennie. Entre 1952 et 1958, Pierre Paulin suit un réel apprentissage au métier de designer, terme qui n’existe pas encore et dont il pose les jalons. Il y dessine quelques-unes de ces plus belles réalisations alliant rigueur et simplicité, dans un souci permanent d’adaptabilité à l’espace. Parallèlement à la collaboration avec Thonet, il produit quelques pièces chez l’éditeur français Meubles TV, plutôt destinées à l’habitat qu’aux administrations, comme sa banquette-lit, aujourd’hui rééditée par Ligne Roset. Parmi les modèles de cette période, une paire de chauffeuses CM 190 s’échange autour de 1500 euros dans la version son simili cuir d’origine, les bureaux CM178 et CM141 se trouvent régulièrement autour de 1500 euros pour le premier et quasiment le double pour le second. Pour une banquette-li originale, comptez entre 4000 et 6000 euros, dans un état correct. Certains meubles, notamment les chaises, ont été éditésà de nombreux exemplaires. Ils se chinent aisément sur les foires et les sites spécialisés.

PIERRE PAULIN BUREU CM141 THONET

La période Artifort

À l’aube des années 1960, l’histoire du mobilier vit un tournant. Les Français veulent de la couleur, des matériaux nouveaux, des formes arrondies, un peu de folie dans leurs intérieurs : le modernisme des années 1950 est dépassé. Face à ce changement radical, les commandes se raréfient pour Paulin. En 1959, André Simard (1926), proche de Paulin, présente ce dernier à Kho Liang Le (1927-1975), le directeur artistique de la société hollandaise Artifort. Le coup de foudre professionnel est immédiat. Les cadres d’Artifort décèlent tout de suite le caractère moderne et précurseur de Paulin ; ils signent avec lui pour une série de mobilier. Non seulement Paulin participe à la révolution des années 1960 dans le domaine de l’ameublement, mais il en est l’un des principaux acteurs. Il ressort des archives le fauteuil CM137 (créé chez Thonet, en 1952) qu’il renomme F156 ou «Oyster. Mais surtout, il dessine le fauteuil F551 dit le «Big tulip » composé d’une coquille en hêtre moulé recouvert de mousse bultex et de tissu, complétée d’un piétement étoile. Une réussite devenue l’un des symboles des années pop ! Jusqu’en 1975 s’en suivront de nombreux best-sellers dont le fauteuil F560 ou Mushroom, modèle favori du créateur dans sa ré-interprètation moderne du célèbre fauteuil crapaud. Grâce à l’utilisation des nouvelles techniques de fabrication de coques moulées et à l’emploi du jersey (avec le fauteuil CM194), des pratiques amorcées chez Thonet, Paulin a pu proposer des assises inédites comme le fauteuil Tongue ou le Ribbon qui trônent dans de nombreuses collections de musée. Pour un fauteuil Mushroom original, comptez entre 900 et 2000 euros dans un très bon état et (petit ou grand modèle) et de la présence ou non d’un ottoman. Un Oyster trouve preneur autour de 1200 euros, rajoutez 300 euros pour un grand modèle. Le Ribbon est une pièce moins courante, particulièrement dans son tissu d’origine psychédélique de Jack Lenor Larsen. Il vous en coûtera plusieurs milliers d’euros (vous aurez plus de chances de le trouver en galerie spécialisée).

CANAPE BLUB BLUN PIERRE PAULAIN

Le collectif AD SA

Maïa Wodzislawska, l’épouse de Pierre Paulin, et Marc Le Bailly, fondent, en 1967, l’agence AD, dont le but est de mettre en relation designers et industriels. De 1975 à 1990, Paulin rejoint l’agence devenue AD SA, et favorise la création industrielle en initiant des projets pour de grandes enseignes comme Allibert ou Calor. Paulin reçoit pour cette dernière, le Grand Prix national de la création industrielle, en 1987. Dans cette entreprise qui réunira jusqu’à cinquante personnes, Pierre Paulin s’épanouit difficilement. Il préfère le travail en petit groupe, voire en solitaire. Au-delà de la qualité de son travail et de son influence sur les arts décoratifs, Pierre Paulin est un créateur avantgardiste qui a su vivre avec son temps. Il s’est adapté aux nouvelles techniques de fabrication et aux tendances, quand il ne les a pas initiées. Il est l’un des rares designers dont les créations ont traversé les époques.

Les commandes des présidents

Grâce à la modernité de son style, Pierre Paulin est choisi pour concevoir l’aménagement des appartements privés à l’Élysée du président Pompidou, en 1971. Au programme, et en collaboration avec le Mobilier National, la salle à manger, le fumoir et le salon des tableaux. Pour ce dernier, une série de fauteuils et de canapés, de chaises et tables dites «trèfle» en référence à leur piétement, ainsi que des lampadaires, sont imaginés. Durant l’année 1971, quelques-unes de ces pièces sont éditées, à peu d’exemplaires, par Le Mobilier National, Alfa International (assises et tables trèfle) et par La Compagnie Verre Lumière pour les luminaires. Ce mobilier est très rare sur le marché de l’occasion, et recherché par les galeries et les collectionneurs fortunés. Les fauteuils et canapés sont réédités depuis quelques années par Ligne Roset dans des proportions et des finitions assez éloignées des originaux. Sollicité par le président Pompidou lui-même, Paulin dira de ce projet qu’il fût l’un de ceux pour lesquels il accorda le plus d’attention, réalisant des espaces à la fois poétiques et chaleureux. En 1984, c’est François Mitterrand qui fait appel à Pierre Paulin. Cette fois, il conçoit le mobilier du bureau du président. Nouveau défi et nouvelles contraintes, Paulin s’éloigne du côté moderne et onirique du mobilier Pompidou et se tourne vers un mobilier plus esthétique et élitiste. Il dessine donc des bureaux, des tables et le célèbre fauteuil à palmette en bois d’amarante édité par Le Mobilier National dont la cote se situe autour de 2500 euros. Ce mobilier prend place à l’Élysée à partir de 1988.

expo pierre paulin galerie jousse 2

Quid des rééditions ?

La majorité des grands classiques de Paulin des années 1960 sont réédités par Artifort depuis 2006. Les modèles sont très proches, avec parfois des housses zippées, notamment sur le Mushrooom ou le Ribbon. Certaines versions ont subi quelques liftings. Ces rééditions se trouvent régulièrement sur le marché d’occasion ; veillez donc à bien faire la différence entre une réédition et une version originale. Également, la société Ligne Roset a racheté les brevets de certaines pièces : le bureau CM141, le lit de repos, la chaise TV et le salon Pumpkin, entre autres. Si les matériaux semblent de qualité, les proportions, elles, sont parfois différentes des modèles originaux, spécialement sur le Pumpkin, revisité, ce qui permet aisément de le reconnaître dans cette version. On ne  soulignera jamais assez les avantages à favoriser l’édition originale à la réédition : l’esthétisme, la dimension historique, et l’aspect financier puisqu’une pièce originale bien achetée ne perdra pas de valeur.

À lire

Pierre Paulin, Un univers de formes Par Anne Chapoutot. Éditions Du May, 1992.

Pierre Paulin Par Élisabeth Védrenne et Anne- Marie Fèvre. Editions Dis Voir, 2001.

Pierre Paulin : Designer Catherine Geel. Archibooks, 2008.

Pierre Paulin : le designer au pouvoir Par Myriam Zuber-Cupissol, Catherine Geel, Arnaud Brejonde Lavergnée,Valérie Guillaume et Isabelle Tamisier- Vétois. Éditions RMN, 2008.

Pierre Paulin, L’homme et l’œuvre Par Nadine Descendre. Albin Michel, 2014.

expo pierre paulin galerie jousse

Expo PIerre Paulin Beaubourg

pierre-paulin-little-tulip-artifort

Publicités

VENTE DESIGN @ PIERRE BERGÉ & ASSOCIES 11 DEC. 2017

 

Toutes les infos sur le site de Pierre Bergé & Associès

DESIGN IS BACK @ FIAC 2017

Pour sa 44ème édition qui s’est tenue du 19 au 22 octobre 2017 à Paris, la FIAC a accueilli au Grand Palais une sélection de galeries parmi les plus importantes de la scène artistique internationale. La foire renforce la présence des galeries de premier plan, couvrant les périodes moderne et contemporaine, et renouvelle son soutien aux galeries émergentes au travers d’une promotion 2017 du Secteur Lafayette qui ne manquera pas de surprendre par sa fraîcheur, sa diversité et sa pertinence.
La foire, événement incontournable cet automne, confirme l’attractivité de la place de Paris sur le marché et réintroduit, cette année, le design avec la participation de 5 galeries reconnues internationalement pour leur expertise dans le domaine du design du XXème et du XXIème siècle : Jousse Entreprise, Galerie kreo, LAFFANOUR – Galerie Downtown, Eric Philippe et Galerie Patrick Seguin.

FIAC 2017 DESIGN 2

REPORT PHOTO : EXPO « 50 NUANCES DE BLANC » @ GALERIE PASCAL CUISINIER – 9 Sept. au 14 Oct.

C’est tout en blanc que s’effectuera la rentrée à la galerie Pascal Cuisinier pendant que la biennale battra son plein. En effet, le galeriste spécialisé dans le design français des années 50 a sélectionné dans sa collection 50 pièces, des plus connues aux plus rares, pour déplier toutes les nuances possibles de cette non-couleur tellement chic.

Si les années 50 en France s’identifient souvent au piètement tubulaire laqué noir, les exceptions ne manquent pas et de nombreux meubles, sièges ou luminaires ont eu une version blanche au tout début des années 50 mais aussi à la charnière avec les années 60’. Cette non-couleur capable de transformer l’objet qu’elle habille grâce d’abord à la laque, qui couvre le métal des piètement des premiers meubles de Philippon Lecoq puis ceux de l’A.R.P., les tôles perforées des luminaires de Pierre Guariche ou ceux d’Alain Richard. Mais le blanc recouvre aussi meubles et tables basses grâce au stratifié ou à l’opaline, enfin il créé une lumière subtile par l’introduction du plexiglas dans le luminaire à partir de 1958.

Ces matériaux ont vieilli bien sûr. Cela leur confère aujourd’hui une patine et de multiples nuances allant du blanc glacé des marbres et des verres teintés dans la masse, jusqu’aux ivoires profonds des fils Isogaine des chauffeuses d’André Monpoix ou des luminaires de Pierre Guariche créant toute une palette à la fois chic, subtile, sophistiquée et pour autant sobre et sans ostentation, comme bien souvent dans les créations françaises de cette époque.

La galerie ne s’est pas privée d’utiliser la gamme exceptionnelle des blancs qu’offrent les matières des tissus d’éditeurs contemporains comme Pierre Frey pour recouvrir une très belle collection de chaises, de fauteuils et de canapés d’époque. Et elle ne se privera pas non plus d’une mise en scène tout en blanc du sol au plafond seulement nuancée par les éclairages de la collection de luminaires.

VENTE DESIGN @ LECLERE MDV – 19 SEPT. 2017

Publié le

Toutes les infos sur le site de Leclere MDV

EXPO « 50 NUANCES DE BLANC » @ GALERIE PASCAL CUISINIER – 9 Sept. au 14 Oct.

Publié le

C’est tout en blanc que s’effectuera la rentrée à la galerie Pascal Cuisinier pendant que la biennale battra son plein. En effet, le galeriste spécialisé dans le design français des années 50 a sélectionné dans sa collection 50 pièces, des plus connues aux plus rares, pour déplier toutes les nuances possibles de cette non-couleur tellement chic.

Si les années 50 en France s’identifient souvent au piètement tubulaire laqué noir, les exceptions ne manquent pas et de nombreux meubles, sièges ou luminaires ont eu une version blanche au tout début des années 50 mais aussi à la charnière avec les années 60’. Cette non-couleur capable de transformer l’objet qu’elle habille grâce d’abord à la laque, qui couvre le métal des piètement des premiers meubles de Philippon Lecoq puis ceux de l’A.R.P., les tôles perforées des luminaires de Pierre Guariche ou ceux d’Alain Richard. Mais le blanc recouvre aussi meubles et tables basses grâce au stratifié ou à l’opaline, enfin il créé une lumière subtile par l’introduction du plexiglas dans le luminaire à partir de 1958.

Ces matériaux ont vieilli bien sûr. Cela leur confère aujourd’hui une patine et de multiples nuances allant du blanc glacé des marbres et des verres teintés dans la masse, jusqu’aux ivoires profonds des fils Isogaine des chauffeuses d’André Monpoix ou des luminaires de Pierre Guariche créant toute une palette à la fois chic, subtile, sophistiquée et pour autant sobre et sans ostentation, comme bien souvent dans les créations françaises de cette époque.

La galerie ne s’est pas privée d’utiliser la gamme exceptionnelle des blancs qu’offrent les matières des tissus d’éditeurs contemporains comme Pierre Frey pour recouvrir une très belle collection de chaises, de fauteuils et de canapés d’époque. Et elle ne se privera pas non plus d’une mise en scène tout en blanc du sol au plafond seulement nuancée par les éclairages de la collection de luminaires.

GALERIE JOUSSE ENTREPRISE @ PARIS

Petit aperçu de la sélection du moment à la Galerie Jousse. Vous y trouverez de rares pièces de Maria Pergay et Pierre Paulin qui dialoguent habilement avec des luminaires de Gino Sarfatti et Serge Mouille ainsi que du mobilier d’architecte signé Jean Prouvé ou Pierre Jeanneret. Pour compléter le mobilier, vous pouvez découvrir des céramiques de Georges Jouve et Kristin McKirdy. Si vous souhaitez admirer ou acquérir ces créations d’exception : rendez-vous au 18 rue de Seine à Paris.

Galerie Jousse x The Good Old Dayz 2